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Constructeur : MerloBati N° 32 - Janv. 16
Grand nom du télescopique

Constructeur italien fondé en 1964 à Cuneo, la société Merlo a débuté en fabriquant des dumpers et des bétonnières pour le bâtiment avant de construire sa renommée sur les chariots télescopiques. Aujourd’hui mondialement reconnue dans ce domaine, elle commercialise en France une gamme qualitative appréciée des loueurs capables d’apporter des réponses techniques à leurs clients.

Avec une histoire qui vient de dépasser le demi-siècle et un chiffre d’affaires qui a dépassé les 320 millions d’euros en 2014, la société Merlo est l’exemple de l’industriel italien qui a bâti son succès sur une inventivité technique permanente. Exploitant une usine de 220 000 m2 sur son site de 30 hectares de Cuneo, l’industriel piémontais a parfaitement su faire évoluer sa gamme et se poser comme une référence dans le domaine des chariots télescopiques, marché sur lequel il revendique la place de leader sur plusieurs marchés phares tels le Canada, la Scandinavie, l’Allemagne et bien sûr l’Italie. Le constructeur, implanté depuis 1983 en France par l’intermédiaire d’une filiale, est selon les années numéro 2 ou numéro 3 sur notre marché domestique.

Le déclic Panoramic

Le chariot télescopique est le cœur de la gamme Merlo. Son origine remonte au début des années 80 lorsque plusieurs constructeurs d’engins ressentent la demande de telles machines et imaginent des solutions à base de tracteur agricole inversé, tel Manitou qui ajoutait un mât frontal sur ce type de matériel. Merlo décide d’aller plus loin et, précurseur, construit directement en 1981 la SM30, une machine à 4 roues directrices dédiée à cette nouvelle technologie de l’élévation télescopique. Cette première ligne de machines est améliorée en 1987 avec le Panoramic XS, le premier élévateur  télescopique à moteur latéral, parallèle à la flèche et opposé à la cabine, qui permet d’avoir une visibilité à 360° et donnera naissance à la série des Panoramic de la marque. Plus globalement, elle deviendra la base technique sur laquelle se construiront désormais les chariots télescopiques dans le monde entier. Dans les années qui suivent, Merlo poursuit le développement de cette technologie et sort en 1991 la première machine de cette catégorie montée sur tourelle pivotante, le Roto, qui ouvre de nouvelles perspectives d’utilisation avec notamment des portées nettement supérieures.

A ces innovations techniques s’ajoute une évolution commerciale avec la sortie des premières machines dédiées à l’agriculture. En 1996 sort le tracteur élévateur Turbofarmer avec carte grise et en l’an 2000 le tracteur à flèche télescopique Multifarmer. Même si des chariots Merlo sont déjà utilisés par les agriculteurs, ils ne sont pas réellement adaptés à cet environnement, manque comblé avec ces gammes qui bénéficient d’essieux adaptés, de pneumatiques plus agressifs (structure radiale et non diagonale comme pour le bâtiment), de moteurs plus puissants permettant d’atteindre la vitesse de 40 km/h (déplacement sur route), d’abaques de charge différentes, parfois d’un attelage, etc. Ces machines bénéficieront en 2012 d’une nouvelle conception dite modulaire qui viendra améliorer leurs performances. Cette conception permet une grande souplesse de configuration permettant de répondre le mieux possible aux demandes de ses clients. Ainsi le constructeur Merlo est capable de proposer plus de modèles de chariots télescopiques à la carte que la plupart de ces concurrents.

Enfin, la marque se lance dans la motorisation hybride avec dès 2007 un premier élévateur diesel électrique et en 2013 avec une nouvelle  génération hybride thermique et électrique. Cette technologie assure des performances identiques aux chariots télescopiques classiques en permettant une réduction des consommations très significative, un fonctionnement plus silencieux et une baisse des émissions polluantes. Cette configuration permet de travailler en environnement fermé sans aucune émission polluante en mode full électrique.

Sécurité à tous les niveaux

En parallèle de ces développements et ajouts de gammes, Merlo a d’une façon continue fait porter ses efforts sur la sécurité de ses engins. « La société  est souvent à l’origine de normes de sécurité », comme le souligne Laurent Ménard, directeur commercial de Merlo France, et a notamment été moteur sur la norme EN 15000 relative au basculement longitudinal ; les machines Merlo sont équipées de capteurs sur les roues qui évitent ce type de risque, comme désormais toutes les machines sur le marché. Dans le même ordre d’idée, la marque a également sorti sur le dernier Intermat la sécurité anti-capotage latérale MTTS qui prévient le conducteur en temps réel sur l’indice de stabilité latérale de la machine ; il relève cent fois par seconde les données sur la charge de chaque roue, sur la flèche télescopique, sur l’angle de levée, l’inclinaison du châssis, etc.

D’autres systèmes de sécurité sont intégrés dans les chariots Merlo comme le correcteur de devers qui vient compenser la pente sur un angle de plus ou moins 10°, le contrôle avec amorti de la vitesse d’abaissement de la flèche afin de ne pas risquer un basculement avant par un mouvement trop rapide, des stabilisateurs qui restent dans le gabarit du châssis (sur une partie de la gamme Panoramic). Autre brevet qui participe de la sécurité, les chariots télescopiques Merlo disposent d’un montage sur châssis pivotant, avec des vérins qui permettent d’obtenir en fin de flèche un déport latéral de 86 cm, technologie qui évite d’avoir à déplacer l’engin pour atteindre ce même résultat. Le correcteur de dévers et le déport latéral de flèche peuvent être utilisés avec ou sans stabilisateurs.

Une gamme complète de chariots télescopiques

La gamme Merlo est très spécialisée sur le télescopique. Elle peut être décrite en fonction des hauteurs de travail atteignables avec dans l’ordre de croissance les machines compactes, les Turbofarmer et Multifarmer, les Panoramic sans stabilisateur puis avec stabilisateurs puis les Roto.

La gamme compacte offre avec un éventail de trois séries (huit machines) des capacités maximales respectives de charge et de levage de 2 500 kg et de 5,9 mètres, 2 800 kg et 8,2 mètres et enfin 3 200 kg et 6,4 mètres. Comme leur nom l’indique, ces modèles sont très compacts avec des hauteurs comprises entre 1,92 m pour les P25.6 et 2,15 m au-delà, ce qui ne les empêche pas d’être équipées d’une cabine à large porte (ouverture à 180°) approchant le mètre de largeur intérieure et de procurer une visibilité importante par des baies vitrées d’une surface totale de 4,3 m2 – il existe une déclinaison Low Profile en hauteurs de respectivement 1,77 m et 2 m. Leur essieu possède trois modes de braquage (roue avant, 4 roues et en crabe) avec les quatre roues motrices toujours en prise et freinage intégral. Cette gamme est totalement ouverte à la location.

Guère destinées au réseau des loueurs, les machines pour le secteur agricole Turbofarmer et Multifarmer ont des hauteurs de levage comprises entre 7 et 10,6 mètres avec des possibilités de charge allant de 3 800 à 4 500 kg. Elles sont homologuées comme tracteur pour l’attelage de remorques jusqu’à vingt-sept tonnes.

Adaptés au marché de la location, du moins pour les modèles de capacité inférieure, les chariots télescopiques Panoramic couvrent un éventail de charges maximales allant de 2 500 à 12 000 kg avec des hauteurs de levage de 6 m et pouvant atteindre les 17,8 mètres avec le P50.18 HM. Pour la location, les machines choisies sont  rarement celles qui permettent de lever les charges de 6 tonnes et plus. La gamme location ciblée comprend plutôt des machines avec ou sans stabilisateur sur la fourchette de capacités allant de 3 700 à 4 000 kg avec des hauteurs d’élévation comprises entre 9 et 16,7 mètres. Des modèles sont équipés de série du système MCDC qui reconnaît automatiquement l’accessoire monté, tare son comportement et peut le cas échéant bloquer le mouvement de la flèche ou toute autre manœuvre dangereuse. Certains bénéficient également du contrôle de l’inclinaison du châssis et du déport latéral de la flèche évoqué plus haut.

Les tourelles rotatives Roto

Pour leur part, les Roto sont des tourelles rotatives qui opèrent à 360° et procurent des hauteurs de levage démarrant à 10,4 m et pouvant atteindre 29,5 m. Parallèlement, la portée maximale varie selon la machine de 7,6 à 25,5 m (4,8 à 10,5 m en charge maximale). Cette gamme est articulée en modèles 400 à rotation de la tourelle sur 415°, en modèles 600 avec rotation à 600° et en modèles MCCS à rotation continue. Ce type de tourelle peut se retrouver chez des loueurs désirant disposer d’une offre spécifique. Tous les chariots télescopiques rotatifs Merlo bénéficient du positionnement des stabilisateurs automatiques.

Enfin, terminons ce tour d’horizon des machines Merlo en évoquant les bétonnières à chargeur automatique, à l’origine de la société avec les dumpers, les porte-outils multifonction pour l’exploitation et l’entretien des forêts, des chaussées et des voies ferrées, les véhicules Tecno pour la collecte et le transport de déchets solides urbains, et les transporteurs sur chenilles Cingo. Ces dernière machines à conducteur marchant ont également leur place dans l’offre d’un loueur grâce à l’interchangeabilité de leurs accessoires qui leur permet d’effectuer une large variété de travaux. Cette gamme de transporteurs polyvalents, moteur diesel ou essence, d’une capacité de charge allant de 400 à 1 200 kg, a récemment été renouvelée.

Toutes ces machines, selon leurs spécificités, bénéficient de la palette des accessoires développés et construits par Merlo sur son site de Cuneo. La firme italienne dispose en effet d’une grande panoplie d’équipements qui va des fourches (simples, à fumier, à balles) aux plates-formes en passant par les pinces de toutes sortes (troncs, tonneaux, balles, pour tuyaux, à grappin, avec rotor…), les godets (terrassement, vrac, 4x1, multifonction, à bois, à ordures…), les crochets, les potences, les fléchettes, les treuils… sans compter les fournitures spécifiques (tour isolante, porte bateau, balayeuse, lamier à disques, compacteur pour pavés autobloquants, marteau, lame de poussée…). Le choix est particulièrement large.

Des évolutions pour la location

Toute cette offre peut être résumée pour le parc locatif en chariots télescopiques compacts, chariots Panoramic, un peu de Roto et éventuellement des Cingo. Elle permet à la marque d’être présente sur tous les profils de loueurs, nationaux, régionaux et locaux, qui sont couverts sur l’ensemble du territoire français par un réseau de plus de trente concessionnaires bâtiment, parfois également loueurs tel  que AEB, le plus important d’entre eux. Ces partenaires gèrent les ventes en direct ou peuvent, pour des grands comptes, s’appuyer sur les contrats cadres négociés par la marque. Ils assurent également les prestations propres à leur activité : SAV, entretien, formations à l’utilisation des matériels et à la sécurité, mise en route des machines, etc. Merlo dédie en support une personne qui va à leur rencontre pour comprendre leurs besoins et agir en appui commercial auprès de clients – expliquer les atouts des machines, comment les promouvoir. « Nous tenons à avoir un réseau de plus de 90 concessionnaires au total et 300 points de services bien impliqués » indique Laurent Ménard.

Pour son offre bâtiment, qui représente quelque 60% de son chiffre, la marque estime qu’environ 70% des machines du marché sont destinées aux loueurs. Même si cette proportion est sûrement inférieure pour Merlo du fait de la technicité de ses produits, ce créneau de la location est fondamental pour la marque italienne qui, ces dernières années, a fait des efforts certains pour y conquérir de nouvelles positions. Le constructeur a ainsi modifié les caractéristiques techniques de ses machines pour le repositionner en termes de prix. Ainsi, la motorisation est passée sur certains modèles de 100 cv à 75 cv avec des fonctions simplifiées, tel le contrôle dynamique de la charge MCDC. Il a dans le même temps conservé la grande simplicité de prise en main des machines, la sûreté d’emploi et la facilité d’entretien. Auparavant plus implantée dans les réseaux à faible flotte, la marque a ainsi pris des positions chez des loueurs de grande envergure.

Ce déploiement concerne également les machines techniques qui sont toujours demandées par une certaine catégorie de loueurs, également sensibles à l’intérêt des machines Roto, sachant que par ailleurs « dans leur ensemble, les loueurs évoluent et sont plus demandeurs de machines sophistiquées » rappelle Laurent Ménard. « Nous avons des machines riches de nombreux brevets, et d’un certain coût, et notre stratégie est d’aller vers les loueurs qui désirent des machines techniques. A nous et nos concessionnaires de bien détecter les besoins. »
FB





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