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Décoration : les panneaux d'agencement intérieurBati N° 21 - Avr. 13
Les panneaux d’agencement intérieur

Pors des différents reportages que nous avons réalisés au sein des négoces bois-panneaux, nous avons remarqué les efforts mis en place aussi bien par les distributeurs que par les industriels pour répondre aux besoins des artisans et des particuliers en termes d’agencement intérieur. En effet, il n’est pas rare qu’un négociant investisse dans du matériel d’usinage lourd et/ou qu’il dispose d’une zone de stockage automatisée. De leur côté, les industriels et fabricants s’efforcent de leur fournir un maximum d’outils (service échantillon, book de tendances…) pour dynamiser leur vente et leur permettre de rentabiliser ces investissements coûteux. Pour cet article panorama, nous avons décidé de nous focaliser sur ce secteur de marché en décryptant l’offre en panneaux d’aménagement intérieur présente au sein de la distribution professionnelle. Comme d’habitude, à travers ce type d’article, nous ne cherchons pas à émettre un classement qualitatif des différents types de panneaux mais plutôt à expliquer les avantages de chacun, tous ayant une place primordiale dans le référencement d’un distributeur professionnel.

Le contreplaqué, la solution massive

Fortement concurrencé par les panneaux OSB (Oriented Strand Board) en usage extérieur, notamment sur le secteur de la construction (maison à ossature bois) ou de l’emballage, le contreplaqué se positionne sur le marché de l’aménagement intérieur comme la seule solution commercialisée en essence brute. Fabriqués à partir de plaques de bois massifs déroulés (au-delà de trois plis, on parle de panneaux multiplis), ils conviennent en effet parfaitement aux problématiques de recouvrement de mur ou d’agencement de meubles et concernent de nombreux corps de métiers, du menuisier à l’agenceur en passant par le plombier, le plaquiste, le maçon… Du fait de leur conception (les plis sont alternés et perpendiculaires les uns aux autres), les panneaux contreplaqués bénéficient d’un excellent rapport poids/résistance qui leur permet de bénéficier de propriétés mécaniques dans de faibles épaisseurs (la densité d’un panneau est d’environ 500 k/m3). Par exemple, pour la confection d’étagères, les panneaux ne subissent aucun phénomène de fluage et demeurent parfaitement plans dans le temps. Ils sont également parfaitement adaptés à un usage en milieu humide (pas de gonflage), les fabricants de contreplaqués ayant l’obligation de réaliser des tests de trempage. Ils consistent en la plongée du panneau dans l’eau bouillante pendant 72 heures, durée après laquelle aucun pli ne doit se décoller pour que le panneau conserve la totalité de ses propriétés mécaniques.

Aujourd’hui, les besoins des professionnels du bâtiment se concentrent sur deux formats, à savoir le 3 100 x 1 530 mm, qui représente le standard pour les agenceurs et les menuisiers, et le 2 500 x 1 220 mm pour des épaisseurs allant de 4 à 30 mm pour ces deux dimensions. En termes de bois, le marché professionnel regroupe essentiellement des panneaux issus d’essences exotiques, principalement l’okoumé, ainsi que des essences plus traditionnelles comme le peuplier et le bouleau, le pin et le sapin étant plutôt réservés à des applications extérieures. A noter qu’en général, le contreplaqué n’est pas utilisé comme élément visible et ne nécessite pas l’application d’un décor bien que certaines références puissent être revêtues d’une feuille de placage d’essence fine.

Du fait de l’usage d’essences exotiques et pour répondre à des chantiers aux cahiers techniques de plus en plus drastiques, il est indispensable pour le distributeur, de choisir des panneaux possédant les marquages PEFC et FSC qui induisent que les bois sont issus de forêts gérées dans un souci de développement durable, mais aussi de l’attestation Flegt qui est entrée en vigueur le 3 mars dernier. Ayant déjà évoqué le projet Flegt dans nos précédents numéros de Batidistribution, rappelons simplement ici à ce sujet que les distributeurs ont l’obligation de présenter tous les documents qui attestent que les panneaux commercialisés (et tous les autres produits transformés à partir d’essences exotiques) sont issus de bois entrés légalement dans l’Union Européenne.

Un autre avantage du contreplaqué est qu’il bénéficie d’un dégagement de formaldéhydes très faible, les panneaux obtenant naturellement la note de A+ ou A sur l’échelle de classement de dégagement de COV qui s’étend de A+ à C. Bien que ne servant pas encore d’argument de vente majeur pour les distributeurs, ce classement, obligatoire depuis 2012 pour les nouveaux produits et à partir de septembre 2013 sur les références déjà commercialisées, devrait faire l’objet d’une prise de conscience plus générale (distributeurs-artisans-particuliers). En effet, les formaldéhydes demeurent des composés cancérigènes et plus de la moitié des contreplaqués sont aujourd’hui commercialisés pour des applications intérieures, le plus souvent dans des endroits confinés. De ce fait, malgré les bonnes performances sanitaires du contreplaqué, certains fournisseurs ont pris les devants en se soumettant à des certifications particulièrement rigoureuses comme c’est le cas pour la société Joubert qui est titulaire du Carb Ulef, certification californienne considérée comme l’une des plus drastiques au monde.

Agglo et MDF : des panneaux version brute…

Compte-tenu des caractéristiques que nous venons de citer, les contreplaqués font figure de produits haut de gamme et sont relativement chers. Ils sont polyvalents et répondent à des applications justifiant de grandes résistances mécaniques. Pour réaliser des aménagements intérieurs sans fortes contraintes, il existe d’autres solutions comme les panneaux agglomérés ou les panneaux MDF.

Les panneaux à particules ou panneaux agglomérés sont fabriqués à partir de bois de récupération (essentiellement des déchets issus du sciage) qui sont broyés et encollés pour former trois couches. La couche intérieure, l’âme du panneau, est constituée de particules plus ou moins fines. Elle est encadrée par deux couches extérieures, les faces du panneau, qui, à l’inverse, regroupent des particules extrêmement fines, proches de la sciure. Ces panneaux sont commercialisés dans de nombreux formats (600 à 2 100 mm de largeur et 2 500 à 6 100 mm de longueur) dans des épaisseurs comprises généralement entre 6 et 38 mm. A noter que ces panneaux sont encadrés par la norme EN 312 qui définit sept classes répondant à des valeurs d’exigence à respecter. Ainsi, un panneau P2 est utilisable pour l’agencement intérieur uniquement (y compris meubles) en milieu sec alors que la classe P3 regroupe quant à elle les panneaux non travaillant utilisés en milieu humide – la classe P1 concerne des panneaux dont les propriétés mécaniques sont trop faibles pour être commercialisées chez les distributeurs professionnels. Les autres classes concernent les panneaux plutôt préconisés en structure : panneaux travaillant en milieu sec (P4) ou humide (P5) et panneaux travaillant sous contrainte élevée en milieu sec (P6) ou humide (P7). A noter que les fournisseurs teintent l’âme du panneau selon leur classement pour faciliter le repérage dans le stockage mais aussi vérifier que le panneau correspond à la bonne application.

Les MDF (de l’anglais Medium Density Fiberboard) sont des panneaux fabriqués par pression de fibres de bois de moyenne densité et non broyées issues d’essences de feuillus et pouvant intégrer des bois de récupération. Contrairement aux panneaux agglomérés, ces panneaux sont donc compacts et esthétiquement plus homogènes. Cette uniformité est d’ailleurs parfaitement visible sur les chants du panneau qui ne font qu’un avec l’âme. De plus, ils peuvent être usinés sur leurs faces, du rainurage par exemple, sans qu’ils se détériorent. Ils peuvent également être laqués ou teintés dans leur masse. Leur qualité est régie par la norme EN 622 qui définit également l’utilisation du panneau. Ainsi, si les MDF (usage général) et MDF LA (panneau travaillant) sont destinés à une application en milieu sec, les MDF-H (usage général) et MDF-HLS sont eux préconisés en milieu humide. A noter que la norme fait également état de panneaux MDF-HDF et MDF-LDF, respectivement haute et faible densité ainsi que de panneaux ignifugés dans la masse et panneaux cintrables. En termes de formats, comme pour les panneaux agglomérés, les dimensions proposées par les industriels sont nombreuses. Retenons toutefois les dimensions courantes 5 610 x 2 070 mm et 2 800 x 2 070 mm, les épaisseurs s’échelonnant, elles, de 3 à 40 mm.

Il existe une quatrième famille de panneaux bruts commercialisés par les négociants bois-panneaux, à savoir les panneaux lattés. Ils sont constitués d’une âme en latte de peupliers revêtues sur ses deux faces soit d’un déroulage peuplier, soit d’un placage en MDF. Assez répandu, il y a plusieurs années, ce type de panneaux a souffert de la concurrence du contreplaqué trois plis mais retrouve, ces dernières années, un certain regain. En effet, il permet d’utiliser de grosses épaisseurs tout en conservant une bonne stabilité et une certaine légèreté. A titre d’exemple, un panneau latté de 38 mm d’épaisseur avec faces en MDF pèse deux fois moins qu’un panneau MDF de même épaisseur.