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EPI : Les gants de protectionBBI N° 128 - Sept. 15
Des solutions pour tous les environnements

Sur le marché très atomisé des gants de protection, les ventes se concentrent de plus en plus sur deux segments contrastés. L’un concerne des produits toujours plus techniques qui conjuguent un haut niveau de protection à une dextérité, un confort et une longévité élevés. Ils constituent une offre en adéquation avec la démarche adoptée par des entreprises de plus en nombreuses qui, en matière d’achats d’EPI, accordent une grande importance au coût total d’acquisition des produits. A l’autre bout de la gamme, dans un contexte économique difficile, les gants basiques sans valeur ajoutée particulière génèrent eux aussi des ventes importantes pour répondre à des applications moins exigeantes en matière de protection de la main auprès d’utilisateurs à la recherche du prix le plus bas. 

Des chiffres émanant de la Direction des risques professionnels de la Cnam indiquent que les blessures des mains et des doigts ont représenté plus de 20% des quelque 618 000 accidents du travail enregistrés en France en 2013 et occasionné la perte de plus de 4,5 millions de journées de travail. La protection de la main représente donc un enjeu important d’un point de vue humain, social et économique. Destinés à protéger la main des risques mécaniques, thermiques et chimiques dans la plupart des cas, mais aussi de ceux engendrés par des facteurs divers comme les rayonnements, les vibrations ou le courant électrique, les gants de protection ont aussi pour fonction de mettre certains produits à l’abri du contact humain. Si le gant idéal n’existe pas – un gant étanche dans lequel on ne transpire pas, sur lequel la coupure et la perforation n’ont aucune prise et qui laisserait toute la dextérité naturelle de ses doigts à l’utilisateur – la recherche menée par les fabricants spécialisés dans cet EPI qui répond à des normes européennes aux exigences accrues débouche toutefois sur des produits qui se rapprochent de plus en plus d’une seconde peau performante dans les différents environnements de travail dans la construction et l’industrie, un secteur auquel nous nous attacherons plus particulièrement dans ce dossier.

Coupé/cousu, tricoté ou trempé

Les gants fabriqués à partir de textile et/ou de cuir relèvent de deux méthodes de confection principales. L’une consiste à découper dans la matière concernée la paume et le dos des gants puis à les assembler par piqûre (coupé/cousu) et l’autre à tricoter le gant à partir de fils et/ou de fibres naturelles ou synthétiques qui pourra par la suite être enduit d’une matière (enduction) lui conférant certaines propriétés. Les gants trempés résultent quant à eux du trempage d’une forme (en céramique ou en métal) dans un bain de liquide (élastomère ou plastique). Ils sont ensuite vulcanisés et gélifiés avant de faire l’objet de diverses finitions. Ces gants totalement étanches, pour une durée toutefois limitée dans le temps, relevant d’une catégorie de produits (incluant  les gants à usage unique) utilisés notamment pour protéger les mains des produits chimiques peuvent être supportés (la forme est alors revêtue d’un tricot textile avant le trempage) ou non. Dans le premier cas, ils pourront être portés à même la peau alors que dans le second, ils devront avoir fait l’objet  d’un floquage ou d’un poudrage préalable à leur utilisation.

Le tricoté a pris la main sur le cuir

Les gants en cuir ont longtemps dominé le marché de la protection de la main contre les risques mécaniques. Cette matière naturelle souple et respirable qui peut subir des traitements destinés à la rendre hydrofuge, oléofuge (par adjonction de résines fluorées) ou encore résistante à la chaleur (par incorporation d’huiles minérales), parfois doublée de fibres naturelles ou techniques, a toujours ses adeptes. Toutefois, le recours au gant en cuir s’est raréfié au fil du temps dans les différents secteurs de l’industrie et tend à se cantonner à des applications très spécifiques comme le soudage. Grâce à ses nombreux atouts, le gant tricoté s’est en effet imposé sur le marché au détriment du gant en cuir qui malgré des qualités certaines présente, dans de nombreuses applications,  un niveau de performance inférieur, particulièrement en ce qui concerne la dextérité, pour un prix souvent supérieur à celui d’un gant tricoté en fibre synthétique. Ce dernier génère aujourd’hui le plus fort volume des ventes des gants de protection, en particulier dans l’industrie.

Ce type de gant généralement lavable existe avec ou sans coutures. Dans ce dernier cas (on parle de gant tricoté un fil), le confort du gant est renforcé puisqu’il n’existe aucune couture susceptible d’exercer une pression sur un quelconque endroit de la main et de provoquer des blessures à la longue. La possibilité de mélanger des fils et fibres différents dans un même gant, soit que le mode de tricotage superpose deux fils différents (technique du vanisage), soit en ayant recours à un fil guipé dont l’âme est entourée d’un ou plusieurs fils aux caractéristiques différentes, confère au gant tricoté la possibilité d’assurer plusieurs fonctions, protection anti-coupure et imperméabilité, par exemple. Par la présence éventuelle de fibres élastiques, ce type de gant au dos aéré reste près de la main pour favoriser le confort et la dextérité nécessaire à certains travaux, laquelle dépend aussi de l’épaisseur du tricot réalisable dans diverses mailles (jersey, bouclette…) qui influe également sur la résistance mécanique et thermique du gant. Cette épaisseur est conditionnée par la jauge du gant indiquée par un chiffre correspondant au nombre d’aiguilles utilisées par pouce. Plus ce chiffre est élevé (à notre connaissance, la jauge 18 serait aujourd’hui la plus élevée en matière de gant de protection tricoté), plus le gant est fin pour favoriser la meilleure dextérité possible.

La technologie du gant tricoté avec enduction (trempage dans un bain de matière), totale ou partielle (paume, bout ou ensemble des doigts), a quant à elle littéralement révolutionné le marché des gants de protection et ce segment génère aujourd’hui les plus fortes ventes sur le marché, de l’avis unanime des fournisseurs.

Performances croissantes des fibres synthétiques 

A l’instar du cuir, d’autres matières naturelles comme le coton, la laine et la soie qui entraient autrefois couramment dans la composition des gants de protection sont aujourd’hui devenues d’une utilisation quasiment marginale et se sont vus largement supplantées par les fibres synthétiques. A celles mises au point à partir des années 1930  par des industriels d’envergure mondiale dont l’Américain DuPont et le Néerlandais DSM ou encore le japonais Nihon Sanmo – chronologiquement le  nylon, le polyester, l’acrylique  ou encore l’élasthanne, pour l’approvisionnement de l’ensemble des fabricants de la filière vêtements – se sont ajoutées des fibres dites techniques présentant des niveaux de résistance jusqu’alors inégalées aux différentes agressions que peuvent subir les mains. Sans faire la liste exhaustive de ces matières synthétiques, on citera la catégorie des para-aramides, tels le Kevlar® et le Twaron® utilisés pour leur haute résistance mécanique, notamment vis-à-vis de la coupure et de la déchirure et leur bonne tolérance à la chaleur ; les méta-aramides, dont le Kermel®, des fibres très résistantes à la chaleur  ainsi que les fibres polyéthylène (Dyneema®, Spectra®), qui, outre une bonne résistance à la coupure et à l’abrasion, sont insensibles aux  produits chimiques et aux solvants.  Plus récemment encore, la gamme des fibres synthétiques utilisées dans la fabrication des gants de protection s’est élargie de nouveaux produits parmi lesquels les fibres de haute technologie Thunderon®, une fibre anti-statique qui évite détérioration des composants ou produits manipulés et possède également un effet antibactérien et une forte résistance à l’usure  et Thinsulate®, une fibre hydrophobe appréciée pour son pouvoir chauffant très élevé.

L’enduction sous différentes formes

Du côté des polymères dont sont faites les enductions des gants trempés et tricotés enduits et qui déterminent en grande partie le niveau de protection des gants en fonction des environnements dans lesquels ils seront placés, la palette des matières s’élargit et gagne elle aussi en performance grâce aux avancées régulière des industries chimiques et de certains fabricants de gants qui, comme pour le développement de certaines fibres, sont à l’origine de matières nouvelles qu’ils font breveter. Tout comme les fibres pour le tricotage, les matières naturelles qui étaient autrefois utilisées pour l’enduction totale ou partielle des gants, dont le latex et le caoutchouc, sont aujourd’hui presque toujours des produits de synthèse. Bon protecteur contre la coupure et la perforation et possédant un bon grip, le latex connaît une certaine désaffection car il est à l’origine de nombreuses allergies et s’avère inadapté aux chaleurs élevés et aux environnements huileux. Pour ces raisons, le nitrile et le polyuréthanne sont aujourd’hui beaucoup plus utilisés.

Caoutchouc de synthèse offrant une  bonne résistance à d’assez nombreux produits chimiques et aux huiles et graisses ainsi qu’à l’abrasion, à la perforation  et à la chaleur, le nitrile est utilisé sous sa forme simple qui confère une bonne imperméabilité au gant ainsi que sous la forme mousse de nitrile, une matière microporeuse laissant la main respirer qui résiste bien à l’abrasion et à la coupure en milieu sec et écarte les risques d’allergies. Offrant un bon niveau de résistance à l’usure, à l’abrasion et à la déchirure, le polyuréthanne (PU) est sans doute l’autre matière d'enduction la plus utilisée. Laissant elle aussi la main respirer, elle permet un bon grip en milieu sec et ne durcit pas au froid mais, contrairement au nitrile, ne fait pas barrière à la pénétration des liquides. On peut allonger cette liste du PVC, un plastique offrant une bonne protection chimique, notamment aux acides, mais qui semble entrer de moins en moins souvent dans la composition de gants de protection, sans doute à cause de son manque de souplesse.  D’autres polymères encore, de développement plus récent, atteignent une haute performance  en matière de protection mais sont souvent fragiles et chers et, pour ces raisons, cantonnés à des niches de marché. C’est notamment le cas du butyle et du fluoroélastomère, des caoutchoucs synthétiques utilisés pour certains gants de haute protection  chimique.

La coupure, une problématique très répandue

A l’origine d’un tiers des accidents de la main sur l’ensemble des secteurs d’activité, une proportion qui s’élève encore nettement dans certains secteurs comme la mécanique où l’on manipule des objets lourds et contondants, souvent dans des environnements huileux, la coupure est l’un des risques les plus répandus. Pour écarter ce danger, des solutions diverses ont été développées à partir de la fin du siècle dernier dans la famille des gants tricotés à enduction touchant à l’ensemble des aspects concernant un gant, de la technique de tricotage mise en œuvre à la qualité de son grip en passant bien évidemment par la nature des fibres de son tricot. Comme on l’a évoqué plus haut, après les para-aramides de type Kevlar, l’utilisation des fibres polyéthylène a permis d’élargir les solutions en matière d’anti-coupure. Certains gants possèdent même des fibres de verre enrobées dans leur tricot, une solution certes efficace mais susceptible de provoquer des allergies. Une évolution notable récente en la matière porte sur l’apparition dans certaines gammes spécialisées dans la protection contre la coupure de gants bénéficiant d’une technologie mariant des fibres polyéthylène à des filaments en acier ou en inox associée à des enductions étanches de nouvelle génération. Elles obtiennent le plus haut niveau de protection à la coupure, soit le niveau 5 dans l’EN 388, et également d’excellents résultats au test de l’ISO 13997 qui mesure la résistance à la coupure en joules (celle-ci peut atteindre une soixantaine de joules) selon une méthode jugée plus fiable et plus proche des conditions réelles d’utilisation des gants (cf. encadré sur les normes). Figurant parmi les tout premiers segments du marché des gants de protection, les produits garantissant une protection contre la coupure génèreraient environ un tiers des ventes globales de gants de protection, selon les propos des fournisseurs, la protection de niveau intermédiaire (niveau 3) menant la danse. Selon plusieurs fabricants, le gant tricoté avec enduction offrant une résistance de niveau 3 contre la coupure serait même devenu le standard du marché remplaçant le gant docker en tissu, ce qui traduit une indéniable montée en gamme de ce segment de l’EPI. 

Des technologies innovantes

La recherche permanente du meilleur compromis entre protection, confort et dextérité mène les fabricants du marché à lancer de nouveaux produits très régulièrement. L’un des leaders mondiaux du marché indique sur ce point réaliser 30% de ses ventes avec ses nouveaux produits. Même si certaines nouveautés relèvent surtout du marketing, ce renouvellement rapide des gammes de la plupart des fabricants va de pair avec le lancement régulier de technologies innovantes sur ce segment de marché de l’EPI. Ainsi, l’assertion selon laquelle protection maximale rime avec très faible niveau de confort et de dextérité n’est plus vraie, la recherche du meilleur compromis évoqué quelques lignes plus haut ayant débouché sur la création de gants performants et ergonomiques.

Après l’innovation majeure qu’a représenté à la fin des années 1990 l’apparition de gants à support tricoté sans coutures munis d’enductions évitant la pénétration des éléments liquides,  le marché a continué à avancer. Il recherche sans cesse des solutions plus efficaces conduisant à une amélioration de la productivité  découlant d’une meilleure ergonomie des gants, dont certains modèles anatomiques reproduisent la forme de la main au repos, et d’une finesse accrue favorisant la dextérité. Côté confort, les innovations se sont également succédé, l’utilisation de fibres comprenant des micro-capsules qui permettent une régulation de la transpiration des mains figurant parmi les plus récentes. La protection reste bien évidemment une préoccupation majeure et, outre le recours à des polymères toujours plus performants, il faut mentionner l’existence de produits à enduction multiples qui élargissent le spectre de la protection assurée par un gant unique, répondant ainsi à l’attente du marché en produits polyvalents.

Rationalisation et spécialisation de l’offre

L’offre des fournisseurs a-t-elle tendance à s’élargir ou à rétrécir ? Les réponses fournies à cette question indiquent que celle-ci tend, d’une certaine manière, à se rationaliser pour répondre à la demande des utilisateurs finaux, exprimée surtout par les structures les plus importantes, dans une offre qui leur évite d’avoir à gérer des centaines de références (sur ce point, on peut évoquer une étude menée par un fabricant indiquant que moins de dix gants réunissait l’ensemble des caractéristiques de 400 produits différents !).

Conformément au souhait de leurs clients, utilisateurs finaux des produits, les distributeurs se prononcent eux aussi en faveur d’une offre rationalisée adaptée aux besoins de leurs clients, comportant des produits polyvalents aptes à protéger de plusieurs catégories de risques. Un type d’offre qu’ils apprécient d’autant plus qu’elle est pour eux synonyme de réduction des coûts (stockage plus limité, moins de temps pour passer les commandes...).
Parallèlement, la volonté de certains fabricants d’apporter des solutions à l’ensemble des problématiques et de se positionner sur des marchés de niche, ou celle d’acquérir une image forte dans la protection d’un type de risque spéficique (chimique, anti-coupure…) mène à une spécialisation de l’offre qui se traduit inévitablement  par l’élargissement ou l’approfondissement de certaines gammes, malgré le retrait régulier de modèles tombés en désuétude. Au global, les acteurs du marché font état d’un élargissement de l’offre portant surtout sur le segment constitué par des gants à faible valeur ajoutée vendus à bas prix, produits d’importation asiatiques et autres références de MDD. 

Raisonner « coût global d’utilisation »

Pour faire le meilleur choix en matière de gants de protection, raisonner  ‘‘coût global d’utilisation’’, sans se limiter au prix des produits est une démarche qui monte en puissance, et cela est vrai aussi dans d’autres familles de produits que les EPI. C’est en tout cas ce que rapportent de nombreux fabricants lorsqu’ils évoquent le dialogue qu’ils entretiennent avec leurs interlocuteurs  au sein des entreprises utilisatrices auprès desquelles ils mènent des actions de préconisation de produits, ingénieurs sécurité et autres acheteurs dont ils remarquent au passage qu’ils sont de mieux en mieux formés à la protection du risque.

Outre le prix, le coût global prend en compte des paramètres divers que l’acquéreur d’un produit n’a pas toujours en tête au moment de l’achat  et qui, au final, se traduisent par des économies, d’argent et de temps, quand ils ne jouent pas un rôle dans la qualité de vie au travail et les rapports sociaux au sein de l’entreprise. La performance et la robustesse du produit figurent bien sûr au tout premier plan de ces paramètres. En effet, il est plus intéressant d’acheter un seul gant, même coûteux,  mais performant et durable que plusieurs produits qui, au final, engendreront un coût d’acquisition supérieur tout en offrant une qualité inférieure, sans parler du coût de recyclage des produits engendré par une forte consommation de produits à faible durée de vie. Dans certains cas, le fait d’écarter le risque de contamination des produits manipulés est aussi à prendre en compte parmi d’autres facteurs réduisant le coût de manière plus ou moins directe. Une partie du soutien qu’apportent les fournisseurs à leurs revendeurs – formations aux produits, documentations et guides de choix, matériels pour tester les gants et échantillons de produits pour les essayer en conditions réelles d’utilisation – vise d’ailleurs à mettre la distribution en mesure de diffuser auprès de ses clients les informations permettant à ces derniers de mieux cerner cette notion de réduction du coût global par une meilleure connaissance des produits.

Nombre de fabricants se sont engagés dans une démarche visant à aider les entreprises à réduire leurs coûts d’acquisition des gants, partie intégrante du coût global d’utilisation. A cet égard, il faut évoquer le concept RPS (Rostaing Performance Solution) mis au point par le fabricant spécialiste des gants de protection contre la coupure. Ce concept décrit à la direction commerciale de l’entreprise familiale comme « un accompagnement complet des utilisateurs dans leur plan de progrès de réduction des coûts » est un processus qui débute systématiquement par une phase d’étude des besoins et se déroule sur plusieurs mois. Fabriqués au départ en petites séries pour un utilisateur identifié, les gants développés par Rostaing selon cette démarche qui reflète systématiquement une préoccupation de développement durable sont appelés à intégrer l’offre standard du fabricant, logotés « RPS ».  Un exemple en est donné avec la présentation du gant Blacktop™ dans ce même dossier, un gant qui répond à la triple problématique de protéger les mains des risques de coupure, réduire le coût annuel de ce type de protection pour les entreprises utilisatrices et répondre à des exigences de développement durable.

Prise en compte du développement durable

Concevoir et utiliser des produits en ayant en tête la préservation de notre planète est une préoccupation largement partagée par les différents acteurs du marché depuis plusieurs années déjà, les fabricants ayant à cœur de répondre sur ce point à une exigence exprimée par nombre d’entreprises clientes utilisatrices, particulièrement parmi les grands comptes. Cette préoccupation dans le développement durable se manifeste avant même la fabrication des produits, avec la certification Iso 14001 des unités de production, et touche jusqu’aux emballages avec l’existence de packagings verts en carton recyclé. Elle se traduit entre autres par la production de gants de protection à base aqueuse, laquelle monte en puissance, par la mise sur le marché de gants exempts de certains produits nocifs, comme le garantit la certification Oeko-tex appliqués à des produits de plus en plus nombreux, et conformes à la réglementation REACH, ou encore par le recours à certaines matières naturelles comme le coton bio ou le bambou (bien que certains jugent peu conforme avec une démarche écologique le recours à des matières dont le traitement requiert des quantités importantes d’eau…). Aboutissement d’une recherche menée depuis plusieurs années, un gant biodégradable était lancé sur le marché il y a deux ans par Showa qui, sauf erreur de notre part, est le seul fabricant à avoir développé un tel produit.

Du côté de la préservation de la santé au travail, outre prémunir les utilisateurs des différents types de risques encourus par la main lors de l’exercice de certaines tâches qui est la raison même de l’existence des gants de protection, on note que des formulations exemptes de produits susceptibles de provoquer des allergies cutanées concernent des produits en nombre croissant. Certains fabricants se sont d’ailleurs rapprochés de laboratoires indépendants pour mener des essais poussés sur la tolérance cutanée de leurs gants.

Low cost et haut de gamme dominent les ventes

Si certaines marques présentes sur le marché français depuis moins de dix ans évoquent une légère progression de leurs ventes, l’ensemble de marché s’accorde à reconnaître que depuis la crise de 2008 et la baisse notable des ventes qui s’en est suivie en 2009, le marché n’a guère connu d’évolution très sensible. Toutefois, même si nous ne disposons pas de chiffres pour corroborer les propos des fournisseurs du marché, il semblerait que celui-ci évolue  favorablement dans l’industrie avec des ventes tirées notamment par l’industrie automobile et ses sous-traitants. Pour ce qui est des prix des gants, en dépit des hausses conjoncturelles de certaines matières premières, et notamment du cuir, ils semblent avoir assez peu évolué au cours des trois dernières années à produits similaires, même si la stabilité des prix ne peut pas être garantie sur toute une saison par des fournisseurs qui ont à pâtir d’un taux de change dollar/euro peu favorable, contrairement à ceux qui s’approvisionnent et produisent en zone euro, ce qui représente indéniablement un avantage compétitif. La valeur du marché serait pour sa part  sans doute en baisse, étant donné la proportion importante des ventes de produits low cost, presque toujours des importations asiatiques de produits sans valeur ajoutée particulière, et la présence forte des MDD sur ce segment du marché de l’EPI où, outre les centrales des groupes et des groupements de distribution, les revendeurs eux-mêmes mettent parfois en place de manière isolée des opérations de sourcing asiatique.

A l’autre extrémité de la gamme, les ventes de produits techniques haut de gamme se porteraient bien, elles aussi, des entreprises utilisatrices de plus en plus nombreuses ayant compris le bien fondé du raisonnement basé sur le coût total d’utilisation évoqué un peu plus haut. Une constatation somme toute plutôt rassurante quant à l’évolution et à la pérennité du segment de marché de l’EPI que forment les gants de protection. 
Dominique Totin
Haute protection contre la coupure
Renforcement du cadre normatif  

Certains facteurs concernant l’essai du coupe-test de l’EN 388 permettant de déterminer les niveaux de performance d’un gant en ce qui concerne sa résistance à la coupure sont à l’origine de disparités de mesure qui peuvent être importantes. Les appareillages (lame utilisée, méthode d’usure de calibrage de la lame, régularité du mouvement de la lame…) et les matériaux testés (certaines fibres se prêtant mal à cet essai car provoquant une usure prématurée de la lame) peuvent être à l’origine de ces disparités.

D’ici quelques mois (fin 2015 ou début 2016 selon les propos de plusieurs fabricants) et pour les niveaux élevés (4 & 5) de résistance à la coupure, les gants devront être testés également selon la méthode décrite dans la norme EN ISO 13997 qui estime mieux la résistance à la coupure, notamment en excluant le phénomène d’usure prématurée de la lame, qu’elle exprime en Newton (N). La performance des gants hautement résistants à la coupure qui devront bientôt avoir obligatoirement subi ces deux tests pourra ainsi être indiquée de manière beaucoup plus précise, et beaucoup plus réaliste aux dires de l’ensemble du marché, qu’à travers le seul niveau de performance.