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Equipement Atelier : les servantes et rangementsBBI N° 88 - Mars 11
Les outils de l'efficacité

Dans un environnement industriel plus que jamais en quête de productivité, les solutions de rangement constituent l’un des axes contribuant à la rationalisation des tâches dans l’atelier. Avec, en figure de proue, la servante qui représente l’essentiel du marché du rangement mobile et autour de laquelle les marques déploient de nombreux efforts afin de la rendre toujours plus séduisante aux yeux de l’utilisateur. Les évolutions au niveau des rangements fixes restent plus discrètes, mais s’inscrivent dans la même mouvance. Si ces biens d’équipement ont subi les affres du low cost, leur mise en avant dans la distribution constitue toutefois la meilleure incitation à monter en gamme. La qualité perçue est décisive.

Les bons outils font les bons ouvriers prétend l’adage populaire. Aujourd’hui, cette expression prend plutôt une tournure nouvelle. Pas de bons ouvriers sans bons outils certes, mais à condition que ces outils soient à la bonne place. Bien entendu, les entreprises n’ont pas attendu le 21e siècle pour équiper leurs ateliers. Mais force est de constater que pour répondre aux exigences des entreprises et des utilisateurs, ces produits se sont sophistiqués au fil des ans en termes de fonctionnalités, de confort d’utilisation et d’esthétique, en témoigne l’évolution des servantes qui n’ont plus rien à voir avec l’image d’une simple caisse à outils sur roulettes.

Le management de la qualité est passé par là, à travers notamment la mise en place progressive dans les ateliers de maintenance industrielle et automobile de la méthode japonaise 5 S, traduite en français par le mot Ordre : ordonner, ranger, dépoussiérer, découvrir les anomalies, rendre évident, être rigoureux. Autrement dit, il s’agit d’alléger l’espace de travail de ce qui y est inutile, de l’organiser de façon efficace, de prévenir l’apparition de la saleté et du désordre, le tout pour développer la productivité mais aussi le confort de travail et la sécurité. Dans ce contexte de rationalisation du travail, le rangement d’atelier joue donc un rôle de plus en plus crucial, qu’il s’agisse du mobilier fixe (armoires, meubles bas, rayonnages...) ou du mobilier mobile, les servantes et des équipements associés (coffres, dessertes d’atelier, établi roulant...).

Un marché très concurrentiel

Il est certes déjà beaucoup question de servantes, équipement issu de l’industrie automobile aujourd’hui généralisé dans tous les ateliers, qui symbolise bien en lui-même toutes les démarches de progrès qui animent aujourd’hui les entreprises. Si ce marché est considéré comme mature, il est également en proie à un renouvellement permanent. Les opérateurs ayant pris l’habitude d’utiliser une servante, ils remplacent systématiquement leur matériel en fin de vie. Il est vrai aujourd’hui que l’heure n’est plus au partage de la servante. Chaque opérateur, dans l’atelier, bénéficie désormais de son propre équipement et est responsable de son propre outillage.

Pas d’euphorie toutefois. Ce marché comme tant d’autres n’a pas échappé à la morosité économique de l’année 2009, et si dans le secteur automobile le renouvellement va de soi, ce n’est pas forcément le cas dans l’univers industriel, ne serait-ce qu’en raison de la baisse du nombre des entreprises. Par ailleurs, ce marché est extrêmement concurrentiel, comportant des acteurs historiques du marché de l’outillage, mais aussi un nombre d’intervenants croissant attirés par ces produits qui chiffrent vite par ligne de commande. D’où une offre florissante, avec des qualités et services on s’en doute très variables et des prix dont la palette s’étend de 150 euros à près de 4 000 euros !

L’année 2010 semble cependant avoir renoué avec la croissance, notamment sur la fin de la saison. Certains évoquent même une croissance à deux chiffres sur le marché des servantes, dont les volumes sont annoncés en France aux alentours de 50 000 pièces pour un marché estimé entre dix et vingt millions d’euros. Si plusieurs de nos interlocuteurs observent d’ailleurs que les ventes de servantes enregistrent de façon régulière une sorte de pic en octobre-novembre, les entreprises étant sans doute soucieuses d’utiliser leurs queues de budget en prévision du budget à venir, cette tendance à la reprise semble se confirmer en ce début d’année. Mais, visiblement, les volumes n’ont pas encore renoué avec les niveaux de 2007 ou 2008.

La servante déploie ses atours

Cela dit, vœu pieux ou tendance qui commence à être réellement perceptible, certains industriels remarquent qu’après une recherche de prix bas favorisant l’émergence des produits basiques sans grande valeur ajoutée, brèche dans laquelle se sont évidemment engouffrés les produits low cost, l’heure semble à un retour en faveur d’une recherche de qualité et de fonctionnalités. Même si le facteur prix est bien entendu toujours présent. D’ailleurs, la plupart des marques travaillent certes à l’amélioration des atouts de leurs produits pour mieux répondre aux attentes des utilisateurs, mais veillent aussi à leur compétitivité. Le plastique par exemple, matière coûteuse à l’achat, est réservé aux zones sensibles, la servante se parant plus que jamais de tôle acier, dans le cœur du marché du moins.

Néanmoins, sous l’influence notamment du leader de la catégorie, Facom, certains attributs de la servante font aujourd’hui référence sur le marché. Aujourd’hui, plus question de lancer une servante dépourvue de protections au niveau des angles, sans système de blocage des tiroirs, sans l’ouverture intégrale... Ainsi, dans le souci de retrouver une différenciation sur le marché, la marque qui fabrique d’ailleurs toutes ses servantes en France, lance en mai une nouvelle gamme qui puise ses évolutions dans une étude effectuée auprès des professionnels en matière de capacité de rangement, de robustesse et de service, en témoigne notamment une ligne déclinée en trois largeurs de modules (trois, quatre et cinq modules), bénéficiant d’une qualité du roulage améliorée, d’un plateau en aluminium embouti et de nouveaux accessoires.

Il est vrai aussi que tous les fournisseurs du secteur déploient leurs efforts pour provoquer le renouvellement de ce type de produit bien avant que la servante soit hors d’usage. Si une servante est conçue pour durer en moyenne une dizaine d’années, durée de vie qui va évidemment fluctuer selon l’environnement dans lequel elle évolue et ses conditions d’utilisation, elle tend à vieillir plus vite que prévu, poussée vers la désuétude par les atours séduisants des nouvelles arrivantes. Quitte même à créer des produits spécialisés par métier pour créer le besoin et donner envie au client de passer à l’achat même si son produit est toujours performant.

La servante prend un tour de taille

Si les exigences vont croissantes, la première des attentes concerne donc la capacité de rangement et le confort d’utilisation, auxquels s’associe l’agencement intérieur. Si la servante propose différents tiroirs, dont le nombre peut dépasser la dizaine, les modèles les plus vendus restent la six tiroirs ou la quatre tiroirs associée à une soute permettant de ranger des pièces volumineuses. Parfois, la soute est remplacée par un tiroir de grande contenance, facilitant l’accès aux produits stockés. Au-delà de sept tiroirs, les ventes sont plus marginales. Souvent, il est vrai, le prix de la servante augmente au rythme du nombre de ses tiroirs. Par ailleurs, les servantes peuvent se doter de coffres additionnels, susceptibles de renforcer sa capacité de stockage. Ces derniers viennent se superposer sur le plateau pour offrir une capacité de rangement maximale mais l’opérateur perd toutefois l’intérêt de la zone de travail.