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Equipement d'atelier : Les scies à ruban pour le métalBBI N° 115 - Mars 14
Le métal sous la coupe du ruban

Grâce à sa flexibilité et à ses capacités de coupe, la scie à ruban domine aujourd’hui la coupe du métal. L’amélioration de la qualité de coupe des machines incite les entreprises à s’équiper même si la tendance actuelle joue plutôt en faveur des machines de petites et moyennes capacités, dont les performances sur ce marché très concurrentiel ne sont pas toujours à la hauteur des exigences en termes de rentabilité. Reste donc aux distributeurs à sensibiliser les PME sur le rôle de sciage comme première étape de création de valeur lorsqu’elles sont en phase de renouvellement d’une machine.

La scie à ruban pour le métal est au coeur des préoccupations des ateliers en termes de productivité et de rentabilité. Aujourd’hui, il devient en effet peu admissible de négliger l’étape du sciage, la première opération dans la fabrication d’une pièce. Si autrefois, la machine était simplement considérée comme un équipement de découpe de la matière sans véritable intérêt pour la qualité du résultat, son évolution la rend désormais en mesure d’apporter, au-delà de son action mécanique de débit, une action quasiment d’usinage qui entraîne de fait moins de perte de temps et de matière et contribue ainsi à améliorer le rendement. Autrement dit, par le biais du sciage, et évidemment à travers la bonne machine choisie en fonction des besoins, l’entreprise peut considérablement réduire le coût de fabrication d’une pièce.

Domination sur la coupe du métal

La scie à ruban est devenue, au fil des ans, la machine-outil la plus utilisée pour la coupe du métal. Elle représente ainsi environ 70% des ventes, face à la fraise scie (25%) et la scie alternative (5%). Quel que soit le modèle en termes de conception, de mode de fonctionnement, de degré d’automatisation et de capacité de coupe, les scies à ruban répondent toutes à un même principe de base. Un moteur, monophasé ou triphasé, entraîne une poulie motrice qui enclenche le mouvement de l’outil de coupe (le ruban) avec un renvoi sur une poulie libre permettant la rotation complète du ruban qui s’exerce dans la quasi-totalité des cas dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Cette poulie libre est automatiquement entraînée lors de la tension du ruban réalisée grâce à un système manuel ou à un vérin hydraulique. La capacité de coupe de la machine est déterminée par le diamètre des poulies, également désignées sous le terme de volants.

Concernant les autres machines de sciage du métal, la scie alternative, qui fonctionne suivant le principe d’un porte-lame animé d’un mouvement alternatif vertical ou horizontal, garde encore malgré son ancienneté la préférence de certaines entreprises en raison de son coût limité et de son faible encombrement dans l’atelier. De son côté, la fraise-scie conserve tout son intérêt pour les petits diamètres qu’elle permet de couper de façon nette et sans bavure.

Signalons par ailleurs que la scie à ruban tend également à concurrencer la meuleuse ou la scie à lame circulaire sur de nombreuses applications, grâce à sa polyvalence et une capacité de coupe importante. Ainsi des petites entreprises de serrurerie et de chaudronnerie aménagent leur atelier avec une scie à ruban qui leur permet de débiter aussi bien des profilés ferreux ou non ferreux que des matériaux pleins, de réaliser des coupes droites comme en angle, tout en améliorant la qualité du produit fini et en optimisant leur manière de travailler.

Dynamisme des petites capacités

Le marché de la scie à ruban pour le métal témoigne aujourd'hui d’une certaine vitalité, notamment sur la période récente fin 2013 début 2014. Toutefois, les investissements restent encore mesurés du côté des machines de grande capacité, le mouvement concernant tout particulièrement les machines de petites et moyennes capacités (jusqu’à 260-300 mm), dont l’attractivité prix séduit les petits ateliers. Ce rebond tient pour partie au vieillissement du parc du fait d'un manque d'investissement qui a finalement raison de la performance de l’atelier et impose en bout de ligne un renouvellement des équipements. Dernièrement, la conjoncture a effectivement plutôt incité les entreprises à réparer leurs machines, au profit donc du marché de la pièce détachée, voire à recourir aux produits d’occasion. Un fabricant estime que les ventes ont ainsi été divisées par deux depuis 2008, notamment en ce qui concerne les scies à ruban haut de gamme. Ces produits robustes, que les entreprises conservent pendant dix, vingt ans, voire davantage, trouvent une seconde vie une fois rétrofités, c'est-à-dire remis aux normes du jour.

Ainsi, les scies à ruban dites d’atelier (capacité de coupe inférieure à 300 mm) affirment leur poids en volume en France, aux alentours de 65 à 70% des ventes, loin devant les modèles pour l’industrie (au-dessus de 400 mm). Ces derniers pèsent évidemment plus lourds en valeur, leurs prix d’achat pouvant atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros alors que les premières sont accessibles dès 1 500 ou 2 000 euros.

Univers concurrentiel

La tendance en faveur des produits d’entrée et moyen de gamme est porteuse pour la distribution qui détient 70 à 80% des ventes de ce type de machines, alors que le direct a la part belle sur les machines de capacités supérieures allant parfois jusqu’à 1 500 mm ou 2 000 mm.

Ce marché des machines de petites et moyennes capacités est aussi le plus concurrentiel avec notamment une part importante des produits d’entrée de gamme qui pourraient représenter plus de 70% des volumes. Si auparavant, le marché de la scie à ruban était la chasse gardée des constructeurs européens, allemands et italiens en tête, ces derniers ont été rejoints par des fabricants de l’est de l’Europe ainsi que des pays asiatiques (Chine et Taïwan). Les marques historiques de ce marché doivent donc aujourd’hui compter avec les importateurs-distributeurs spécialisés dans le travail du métal et les importateurs tout court.

Pour répondre à la demande en faveur des modèles de petites et moyennes capacités, la plupart des fournisseurs spécialisés cherchent donc à se positionner de plus en plus sur la distribution, en associant leurs machines à des services après-vente performants (suivi des pièces détachées dans le temps et livraison rapide, assistance technique) ou encore des formules de garantie sur trois ans et du stock, décisif quand la demande survient. Au-delà de la robustesse des machines, la qualité du SAV développée par le fournisseur permet évidemment d’éviter une éventuelle immobilisation prolongée de la machine et de se différencier de certains produits d’entrée de gamme qui ne bénéficient pas toujours d'un SAV efficace.

Coût global généré

Effectivement, force est de constater que toutes les machines présentes dans les points de vente ne tiennent pas la route par rapport aux exigences de productivité et de rentabilité des entreprises.

Les principaux intervenants insistent sur la nécessité de considérer le coût global généré par l’utilisation d’une machine tout au long de sa durée de vie et pas uniquement son prix de vente. Ainsi, Kasto estime que l’on commet souvent l’erreur de prendre en considération et de comparer uniquement les frais fixes de la machine. « Mais il faut s’assurer que toutes les options sont comprises dans le prix de la machine. Une machine, et notamment une scie, présente des frais consécutifs décisifs – l’outil de scie et, dans une moindre mesure, les lubrifiants. De prime abord, les coûts d’outils ne semblent pas très élevés : il faut compter entre 30 et 80 euros, selon sa longueur, pour un ruban en acier rapide. Si l’on considère cependant le « cost per life cycle », c’est-à-dire le coût par rapport à la durée de vie de la machine, on arrive à un résultat étonnant : l’investissement dans la machine à proprement parler ne représente que 20%, et les outils plus de 70% de l’ensemble de l’investissement. Les consommables représentent le reste. »

D’autres expriment ce raisonnement d’une autre manière : sur huit ans avec un taux d’utilisation de 6 à 8 heures par jour, le coût de l’outil représente deux à trois fois celui de la machine. Or, par exemple, plus la machine dispose d’une structure solide, plus elle est rigide, et moins elle génère de vibrations susceptibles de précipiter l’usure du ruban.
Plusieurs familles

L’objectif est donc d’établir le meilleur compromis entre la fiabilité de la machine, sa productivité et l’investissement qu’elle représente. Plusieurs types de scies à ruban existent sur le marché dont le choix sera déterminé avant tout par la capacité, c’est-à-dire les dimensions de matériaux que l’entreprise est amenée le plus fréquemment à couper, l’angle de coupe le plus souvent pratiqué (droites ou biaises, à gauche et/ou à droite), le type de matériau (acier, aluminium, inox, rond, plat, plein, creux...), l’intensité du travail (usage quotidien ou ponctuel), la mise à disposition de la scie à un ou plusieurs opérateurs, sans oublier bien entendu le budget.

La scie à ruban se décline en trois grandes familles de machines : les scies à mouvement pendulaire, les scies à descente horizontale et les scies à descente verticale. Au-delà de ces machines stationnaires, existent également des machines portatives, vendues sans socle et destinées à être transportées pour ajuster par exemple les dimensions d’une pièce sur un chantier (plomberie, ferronnerie...). Parfois équipées de batteries, pouvant être munies de variateurs de vitesse et effectuer des coupes d’angles, elles offrent des capacités de coupe jusqu’à 170 mm. Ces machines d’appoint semblent représenter des volumes conséquents mais difficiles à cerner précisément.