Base articles

Le marquage professionnelBBI N° 124 - Mars 15
Une offre très diversifiée

Du crayon à mine graphite au marqueur peinture le plus technique, la gamme des outils mis à la disposition des professionnels de l’industrie et du bâtiment pour le marquage des produits s’élargit régulièrement pour répondre à d’innombrables applications et faire des marqueurs, craies et autres crayons, des produits permettant de gagner en en simplicité d’utilisation et en vitesse de travail. Le marché, concurrentiel, est entièrement aux mains de la distribution qui, en ce qui concerne les quincailleries et fournitures industrielles, accorde un intérêt croissant à ces consommables.

Opération récurrente dans tout process de fabrication et de contrôle, le marquage d’une pièce peut être réalisé grâce au recours à des technologies diverses : aérosols peinture, graveurs laser ou encore marqueurs et autres outils manuels permettant de porter à des fins diverses (prise de mesure, repérage, signalisation, assemblage, masquage…) un repère permanent ou pas sur un support quelconque. Les produits composant cette dernière famille, d’une utilisation plus facile, plus rapide et moins coûteuse que les autres solutions de marquage évoquées au-dessus, peuvent être classés en plusieurs catégories qui diffèrent par leur adaptation à la nature du support (surface lisse ou rugueuse, poreuse ou non, propre ou sale, sèche ou mouillée, chaude ou froide…) et aux conditions d’utilisation (intérieur ou extérieur, milieu humide ou gras, montées en température…).

Marqueurs à encre

Comparé par un fabricant à un couteau suisse (en raison de sa polyvalence) prenant place dans la caisse à outils de tout artisan ou technicien de maintenance, le marqueur à encre (souvent désigné sous l’appellation de marqueur ou feutre permanent sur les catalogues des fournisseurs) produit un marquage offrant une bonne résistance dans le temps sur des supports multiples. Très utilisés dans le secteur de la sous-traitance industrielle et dans l’industrie automobile, les marqueurs à encre sont composés d’une cartouche en plastique et d’une pointe fixe en feutre de formes diverses (carrée, biseauté, en ogive…) et de tailles variables (le cœur du marché concernant le diamètre 4 mm) pour adapter la grosseur du trait à la pièce à marquer. La longueur de la pointe peut atteindre et même dépasser 2 mm, ce qui permet de tracer des repères dans des endroits difficiles d’accès, par exemple, à travers le trou d’un tasseau. Au chapitre des ‘‘moins’’ du marqueur encre, on peut évoquer un marquage peu visible sur des supports sombres et un séchage très rapide de la pointe du marqueur s’il n’est pas rebouché. Pour pallier ce dernier inconvénient, plusieurs fabricants proposent des marqueurs à pointe rétractable.

Marqueurs peinture

Equipé d’une pointe en fibre conique qu’il faut amorcer par pompage (c’est pourquoi on l’appelle parfois feutre à pompe) pour que la peinture liquide contenue dans la cartouche remonte à la pointe par capillarité, le marqueur peinture procure lui aussi un marquage permanent mais d’une durée de vie supérieure à celle du marqueur encre grâce au caractère très couvrant de la peinture. Utilisable sur tous types de matériaux, le marqueur peinture est apprécié pour un marquage sur les supports sombres sur lesquels l’encre est peu efficace, comme nous l’avons souligné. Plus coûteux que ce dernier à cause de la technologie plus sophistiquée de sa pointe, il présente une bonne résistance aux températures extrêmes. Des différents outils de marquage, le marqueur peinture est sans doute celui qui pousse le plus loin la spécialisation grâce à l’existence de nombreuses formulations de peinture qui, pour se limiter à la citation de quelques exemples, permettent le marquage de pièces d’acier à froid qui pourront subir un traitement thermique supérieur à 1 000°C sans corrosion, du caoutchouc grâce à une peinture à forte élasticité, ou encore respectent les contraintes normatives existant dans certaines activités comme l’agroalimentaire ou le nucléaire.

Les marqueurs encre et peinture sont théoriquement réservés à une utilisation sur les surfaces lisses, non poreuses et propres à cause du risque d’endommagement de leur pointe en cas d’exposition aux poussières et rugosités. Toutefois, certains fabricants ont récemment mis au point des formulations qui renforcent la polyvalence de ces produits en les rendant capables de marquer efficacement et durablement sur tous types de surfaces, même mouillées, huileuses ou rouillées.

Tubes et bâtons

Des tubes au corps en aluminium souple peuvent eux aussi contenir de la peinture qui, dans ce cas, a une consistance pâteuse. Equipés d’une pointe en acier déclinée en trois diamètres (2, 3 ou 6 mm, la dimension médiane étant la plus répandue) ces tubes marqueurs autorisent un marquage très précis sur tous les types de supports, y compris les plus gras et les plus rugueux. Adaptée à des applications exigeantes, cette catégorie d’outils de marquage est couramment utilisée dans la construction, sur les parpaings par exemple, ainsi que dans les industries de base comme la sidérurgie.

C’est aussi le cas de bâtons de peinture solidifiée qui allient la résistance de la peinture et l’ergonomie d’une craie dont ils ont l’aspect, malgré un diamètre plus important (18 mm au lieu 12 mm). Ces ‘‘paint sticks’’ très performants sur les surfaces difficiles, même sous l’eau (un fournisseur nous cite une application de marquage sur des épaves de bateau) possèdent des applications et offrent une durabilité du marquage tout à fait comparables à celles des tubes marqueurs dont ils diffèrent essentiellement par la précision de marquage, beaucoup pus élevée dans le cas des tubes. Ces bâtons de peinture, souvent appelés ‘‘craies’’ de manière impropre, sont issus d’une technologie de fabrication assez simple et présentent notamment l’intérêt d’être des produits de marquage économiques.

Diverses sortes de craies

Les craies fabriquées à base de cire ou d’huile et utilisées dans des applications industrielles ainsi que dans le bâtiment s’avèrent encore plus économiques. Selon les formulations des produits, le marquage réalisé est permanent ou temporaire (effaçable à l’eau ou à l’acétone). Ces craies plus ou moins grasses sont aujourd’hui proposées par d’assez nombreux acteurs du marché sous la forme d’un porte-mine avec bouton poussoir accueillant des mines interchangeables de couleurs très fines (beaucoup plus minces que des bâtons de craie), sorte d’hybride de craie et de crayon utilisable sur toutes sortes de supports pour un marquage temporaire. Dans la famille des craies, on peut également citer l’existence de craies forestières résistantes aux intempéries et dont certaines versions font un marquage repérable par un lecteur optique (sur les installations de découpe du bois dans les scieries, par exemple). Les craies stéatite, dites de Briançon, conviennent quant à elles au marquage sur des surfaces très chaudes et sont notamment destinées à des applications soudage. On peut aussi mentionner la craie liquide (très utilisée des restaurateurs pour marquer les menus) applicable sur toutes les surfaces non poreuses (PVC, aluminium, verre…) et facilement effaçable au chiffon humide. Elle est notamment utile aux carreleurs auxquels elle permet de tracer des repères de découpe sur les carreaux.

Des crayons aux mines différentes

Nous terminons ce tour d’horizon des catégories de produits pour le marquage dans le bâtiment et l’industrie par les crayons, les références historiques de ce marché.

Essentiellement, mais pas uniquement, destinés aux professionnels du bâtiment, les traditionnels crayons au corps en bois (le plus qualitatif est le bois de cèdre) et mine en graphite grise ou noire existante dans diverses duretés (du 2B pour les plus grasses au 10 H pour les mines les plus dures capables de marquer sur la pierre), tout à fait comparables aux crayons à papier mais d’une section plus importante et d’une forme (parfois triangulaire) permettant une bonne prise en main, même avec des gants, sont déclinés dans les deux versions emblématiques du crayon charpentier (il aurait été inventé par l’Allemand Lyra il y a environ un siècle) et du crayon maçon, respectivement rouge et vert conformément à un code couleur en vigueur à travers toute l’Europe. Des crayons de couleurs à mine graphite avec des additifs permettant, selon la composition de la mine, de marquer de manière temporaire sur des surfaces sèches ou humides, entrent également dans la caisse à outils de nombreux professionnels dont des plaquistes, cuisinistes et autres agenceurs. Comme il en existe pour les mines à base de cire, des sortes de critériums s’équipant de ces mines de couleur à la longueur réglable pour faciliter le marquage dans les endroits difficiles d’accès sont apparus sur le marché il y a quelques années et se sont rapidement hissés au top des ventes des outils de marquage manuel comme le rapportent notamment les marques allemandes Lyra et Pica.

Facilité d’utilisation et développement durable

Outre la mise au point déjà évoquée de formulations nouvelles accroissant régulièrement les possibilités d’utilisation des outils de marquage, les fabricants se sont également attachés à en faciliter l’utilisation, notamment en rendant les marqueurs manipulables d’une seule main grâce à une pointe rétractable ou à un capuchon relié au marqueur ou muni d’un clip qui permet au capuchon de rester fixé à la poche ou de ne pas glisser sur un plan de travail. Equipés de boutons poussoir pour sortir la mine, les porte-crayons suivent cette même évolution et, pour augmenter la longévité du produit, la mine peut parfois être extraite, retournée et coupée, voire taillée grâce à un taille-crayon intégré. Une préoccupation plus marquée pour le développement durable marque également l’évolution de cette famille de produits et l’on voit apparaître depuis quelques années des marqueurs peinture à base d’eau ou au taux d’émission de COV réduit. Les substances cancérigènes telles le xylène et le toluène sont de plus en plus souvent bannies des formulations. Certains fabricants et notamment Lyra proposent des crayons labellisés PEFC issus de forêts durablement gérées.

Des couleurs dominantes

A l’exception des crayons à mine graphite grise ou noire, l’ensemble des outils de marquage manuel sont déclinés dans de nombreuses teintes (généralement au moins cinq et jusqu’à trois fois plus dans certaines gammes), dont des couleurs fluorescentes, pour répondre à des critères de choix divers liés à la visibilité d’une couleur en fonction du support à marquer ou à l’existence d’un code couleur rigoureux dans le cadre du contrôle qualité par exemple, chaque équipe se voyant affecter une teinte dans un souci de traçabilité. Toutefois, certaines couleurs sont beaucoup plus utilisées que d’autres. Dans le cas des marqueurs encre, il s’agit du noir (un fournisseur cite une proportion de 70% des ventes de ce type de produit), suivi du rouge (la même source évoque le pourcentage de 20%) puis sans doute du bleu. Du côté des marqueurs et tubes peinture, le blanc et le jaune bien visibles sur les supports sombres et capables de supporter de fortes montées en température dominent, ce qui est aussi le cas en matière de craies où la couleur rouge est également très utilisée.

Un marché concurrentiel

Le marché des produits de marquage auxquels est consacré cet article est pratiquement entièrement aux mains de la distribution dont les intervenants relèvent de circuits grand public comme les GSB et les papeteries ou de circuits professionnels, représentants du commerce traditionnelle ou de la vente à distance et spécialistes des fournitures de bureaux ou de la quincaillerie/fourniture industrielle. En l’absence de données fiables permettant d’estimer ce marché, nous ne pouvons guère faire plus qu’avancer un montant de 45 Me qui, selon les propos d’un fabricant important du marché, représenterait la valeur du marché français, hors quincailleries et fournitures industrielles. Selon ce même fabricant, le potentiel de ce dernier secteur de la distribution s’élèverait à une dizaine de millions d’euros, sa valeur réelle étant donc obligatoirement inférieure mais nous attirons l’attention du lecteur sur le fait que ces données doivent être prises avec la plus grande prudence. Ce qui est certain en revanche, c’est que le marché, dont les ventes sont jugées plutôt stables par l’ensemble de ses intervenants, regroupe un nombre assez important d’acteurs relevant de catégories diverses. Parmi les noms bien implantés auprès de la distribution professionnelle figurent des fabricants spécialisés dont le cœur de l’offre est constitué des produits évoqués dans cet article. C’est notamment le cas des marques allemandes Lyra, Edding et Pica, cette dernière étant présente exclusivement dans les circuits de la distribution professionnelle de même que Markal, une marque du groupe Américain La-Co Industries qui met au point les formulations des produits fabriqués dans ses usines, notamment dans une unité de production historique en France, et qui sont essentiellement développés pour répondre aux besoins des industries. Cette forte spécialisation fait de La-Co un acteur dominant du marché du marquage dans l’industrie. D’autres sont plutôt des spécialistes de l’écriture, comme Pentel, et plus tournées vers le grand public. Il faut aussi compter avec les spécialistes des aérosols comme CRC Industrie ou ITW Spraytec qui développent une offre complémentaire en marqueurs et tubes. A ces fabricants diversement spécialisés, il faut bien sûr ajouter les importateurs distributeurs comme Top Metro (importateur distributeur depuis trois ans sur le marché français de la marque allemande Bleispitz).

Booster les ventes

Même si les quincailleries, fournitures industrielles et autres négoces matériaux accordent un intérêt croissant aux marqueurs, tubes, crayons et craies dont la présence s’affirme dans leurs rayons, les produits de marquage demeurent pour ces revendeurs des consommables générant une très faible proportion de leur chiffre d’affaires et ils attendent de leurs fournisseurs qu’ils mettent à leur disposition tous les outils qui leur permettront de faire monter les ventes sans y consacrer trop de temps. Comme on l’exprime au service marketing de La-Co Industries/Markal : « Il faut leur apporter des recettes simples, leur proposer des sélections produits selon leurs typologies de clientèles, concevoir des brochures, structurer leur offre, former leurs commerciaux, organiser des tournées accompagnées avec leurs vendeurs, mettre sur pied des opérations promotionnelles, leur fournir des échantillons, mettre à leur disposition de nombreux présentoirs et des produits étiquetés en plusieurs langues, ce marché étant de plus en plus structuré au niveau européen. » Dans ce domaine, Markal a innové puisqu’elle est à notre connaissance la seule marque du marché à proposer aux revendeurs et utilisateurs finaux une aide au choix des produits accessible sur le site internet de la marque (et, depuis peu, sur un site spécial téléphone mobile) permettant de préconiser la ou les références adaptées à une application bien précise à partir des réponses apportées à trois ou quatre questions simples.

Au-delà de cet exemple, l’ensemble des fabricants qui mettent en œuvre des actions visant à informer les utilisateurs sur les produits et à mettre ces derniers en avant dans le point de vente se félicitent en tout cas de leur impact bénéfique sur les ventes. 
DT


























Marquage peinture automatisé


Comme aurait pu le dire M. De La Palice, le marqueur est d’abord un outil de marquage. Toutefois, certains outils désignés sous le terme de marqueurs, lequel fait alors référence à l’aspect extérieur du produit et non pas à sa fonction d’écriture et de repérage, sont dédiés à bien d’autres utilisations. On peut notamment s’en rendre compte en feuilletant le catalogue Edding présentant des marqueurs pour la restauration (retouche d’objets en bois), pour la rénovation (marqueur silicone avec fongicide rénovateur de joints de salle de bains), pour l’entretien (marqueur lubrifiant délivrant de l’huile) ou encore pour la retouche de carrosserie automobile.





1