Base articles

Les aspirateurs professionnels et industrielsBBI N° 92 - Sept. 11
De nouvelles aspirations

Marché stable, les aspirateurs professionnels et industriels restent un équipement complémentaire dont l’utilisateur ne perçoit pas toujours la vraie valeur ajoutée. Permettant de gagner du temps et offrant un vrai confort de travail, l’aspirateur devient néanmoins incontournable avec la montée en puissance des exigences réglementaires dans le monde du travail.

Considérés souvent comme un équipement complémentaire à celui de l’outillage, un équipement quasiment de confort favorisant la bonne marche de l’atelier ou la remise en état d’un lieu après un chantier, les aspirateurs professionnels et industriels pourraient bien prendre du galon sous l’effet de la poussée des contraintes réglementaires et sociétales dans l’univers du travail (prévention des risques de maladie professionnelle, des rejets toxiques dans l’environnement, des risques d’explosion, maîtrise du produit aspiré avant son élimination, nécessité de laisser un chantier propre, pollution sonore...). De plus en plus spécialisé pour répondre de façon précise aux nouveaux impératifs, l’aspirateur est aujourd’hui en mesure d’apporter pleinement sa contribution à ces nouvelles prises de conscience. La notion de productivité entre également en compte. Un aspirateur doté de caractéristiques adaptées au besoin de son utilisateur est incontestablement une source de gain de temps.

Un marché de renouvellement

Ainsi, les ventes d’aspirateurs professionnels et industriels obéissent à deux mouvements principaux : un marché de renouvellement et un marché de premier équipement, où l’utilisateur est contraint d’opter pour un appareil répondant à des classes de filtration homologuées si son univers professionnel est soumis à de nouvelles obligations réglementaires (voir encadré). Néanmoins, malgré le stimulant réglementaire, ce marché est jugé stable. L’éclosion des nouveaux marchés, souvent des niches, ne réussit visiblement pas à compenser la fermeture des ateliers industriels de l’hexagone ou la baisse des mises en chantier dans le secteur du bâtiment.

Ce marché compte de nombreux acteurs parmi lesquels des spécialistes du nettoyage où l’aspirateur vient en complément d’une gamme souvent très pourvue en nettoyeurs haute-pression et eau chaude, laveuses, etc., des fournisseurs d’outillage pour lesquels il intervient également en complément de gamme et quelques spécialistes de l’aspiration, très pointus, capables de proposer des systèmes d’aspiration sur-mesure et des installations fixes à leurs clients. Ces segments de marché à forte valeur ajoutée ne sont pas abordés dans cet article qui se limite aux appareils mobiles que l’on retrouve dans la fourniture industrielle et chez les négociants en matériaux.

Professionnel et industriel

En volume, les trois quarts des ventes des aspirateurs mobiles sont liés aux modèles dits professionnels. Rappelons que l’aspirateur professionnel s’oriente principalement vers les métiers du bâtiment où il est destiné à suivre l’artisan sur ses chantiers pour des utilisations plus ou moins ponctuelles. Pouvant être soumis à des vols sur les chantiers, confrontés à des conditions d’utilisation parfois rudes et ce d’autant plus qu’ils sont rarement mis en œuvre par le patron lui-même, ces appareils restent également sensibles au critère prix. D’où la présence également sur ce créneau d’appareils basiques, y compris des modèles d’entrée de gamme, les fameux bidons eaux et poussières que l’on retrouve dans les circuits de bricolage mais qui ne disposent pas des mêmes atouts d’efficacité (qualité de filtration, performance d’aspiration, accessoirisation...) et de longévité que les appareils dont l’usage a été conçu pour répondre aux besoins des professionnels.

En valeur, l’aspirateur industriel dont le coût d’achat est plus élevé reprend de la superbe au point de détenir environ la moitié des ventes. Ce type d’appareil, qui trouve sa place dans les sites de production ou en maintenance industrielle, est lui soumis à un usage plus intensif et à des contraintes techniques qui peuvent être importantes (aspiration de liquides chargés, d’huiles de coupe, etc.). Il s’agit souvent d’appareils à moteur monophasé ou triphasé, ce qui leur permet ainsi de pouvoir travailler en continu.

La contenance, premier critère

La capacité de la cuve fait partie des premiers critères de choix, surtout pour l’aspirateur professionnel, sachant que ce dernier doit être par ailleurs relativement léger pour permettre son déplacement sans encombre dans des véhicules légers. Ces modèles varient ainsi de 15 litres à 70 litres avec un cœur de gamme situé entre 25 et 30 litres utiles. L’aspirateur industriel dispose lui en moyenne d’une plus grande capacité (60 litres utiles) pour éviter de trop fréquentes opérations de vidage, et souvent d’une cuve à basculement. Ce système permet de vider plus facilement des cuves de grande hauteur comme de vérifier leur système de filtration.

Tout dépend également du niveau d’équipement du professionnel. Dispose-t-il de plusieurs aspirateurs ou non ? Ainsi, les cuves de petites contenances se révèlent particulièrement adaptées aux chantiers chez des particuliers mais risquent d’être limitées pour un chantier d’envergure.

Les cuves sont en inox ou en plastique (Abs ou polypropylène). Ces dernières résistant mieux aux chocs et aux coups sont devenues majoritaires mais ont encore du mal à détrôner dans les esprits l’image de qualité induite par les cuves inox.

Débit et dépression

Évidemment, l’autre grand critère de choix est lié à la performance de l’aspirateur, choisie en fonction de l’usage et de la contenance de la cuve.

La puissance d’aspiration d’un aspirateur dépend essentiellement de deux valeurs : le débit (exprimé en m3 par heure ou en litre/seconde) qui caractérise la quantité d’air aspirée (important notamment lors de grandes longueurs de flexible et pour obtenir un rythme de travail important) et la dépression (en mm de colonne d’eau ou en kilo Pascal ) qui traduit la force avec laquelle l’aspirateur peut soulever les poussières ou l’eau. Lorsqu’il s’agit d’aspirer des gravas, l’aspirateur a évidemment besoin de valeurs de débit et de dépression importantes.

Plus la puissance de la motorisation est importante, plus le débit augmente, tandis que la dépression (2 000 à 2 500 mm de colonne d’eau en standard) ne variera quasiment pas. Le débit peut ainsi s’accroître par le biais de plusieurs moteurs placés en parallèle.

Néanmoins, par leur conception nouvelle (moteurs placés l’un au dessus de l’autre), certains aspirateurs réussissent à conserver la même surface d’aspiration mais à augmenter leur dépression (3 600 mm de colonne d’eau), ce qui accroît leur rendement par rapport à un aspirateur bimoteur classique. Sur un chantier, l’utilisateur peut ainsi brancher son aspirateur au rez-de-chaussée et via un flexible de 20 mètres de long aspirer des gravats à l’étage.

Décolmatage intégré

Différents critères entrent ensuite en ligne de compte comme l’accessoirisation et le confort. Pour éviter que l’aspirateur bascule lorsque l’opérateur tire le flexible, le critère de la stabilité est évidemment important, d’où des embases plus larges que l’aspirateur lui-même et des roues offrant une grande maniabilité. De même, pour faciliter la mobilité, la longueur du câble d’alimentation peut dépasser allègrement les 7 mètres. Côté équipements, certains modèles disposent de la fonction injection-extraction pour être capables de venir à bout d’une salissure laissée sur la moquette d’un particulier, d’un variateur de puissance, etc.

Plusieurs tendances semblent s’affirmer. En premier lieu, le système de décolmatage que tendent à intégrer de plus en plus d’appareils. Ce système évite que les poussières fines bouchent le filtre. Par ailleurs, la fonction synchronisation est de plus en plus prisée. Ce dispositif permet de connecter l’outil à une prise présente sur l’aspirateur pour permettre aux deux équipements de fonctionner ensemble et d’aspirer ainsi la poussière immédiatement.