Base articles

Les isolants pour combles perdusBati N° 27 - Oct. 14
Des ventes assurées pour un stock limité

Sur un marché de l’isolation estimé entre 1 et 1,5 milliard d’euros, l’isolation des combles perdus représente incontestablement les plus gros volumes de vente. Répondant à une application bien particulière, elle nécessite des produits adaptés et une mise en œuvre spécifique qui sont les garants d’un résultat optimal. Tout au long de ce dossier, nous allons passer en revue les différents isolants utilisés pour réaliser ce type d’isolation, sans toutefois chercher à les comparer les uns aux autres, chaque famille d’isolants bénéficiant de ses propres avantages. L’idée est plutôt de mettre en avant les propriétés de chacun pour permettre aux distributeurs de mieux orienter leur choix vers tel ou tel isolant et ainsi leur permettre de construire une gamme répondant au plus près aux besoins de leur typologie de clientèle, d’autant que quelques références seulement peuvent suffire…

Pendant très longtemps relayés au rang de produits techniques dans les plans de vente des négoces matériaux, les isolants sont aujourd’hui une source sûre de chiffre d’affaires tant ils sont passés au statut d’incontournables. Preuve en est, de nombreuses enseignes éditent désormais des catalogues exclusivement dédiés à l’isolation, certaines ayant même fait de ce marché l’une de leur spécialité, si ce n’est la seule. Bien évidemment, avec l’instauration de la Réglementation Thermique 2005 et encore plus avec l’entrée en vigueur début 2013 de la RT 2012, l’isolation à pris davantage d’importance se positionnant même comme un des éléments clés de la conformité ou non de l’ouvrage.

Que dit la RT 2012 ?

Le fait que la toiture soit à l’origine d’un tiers des déperditions de chaleur est aujourd’hui parfaitement acquis par tous les acteurs de la construction. Pour limiter au maximum cette fuite qui engendre l’utilisation exagérée de moyens de chauffage et génère donc des dépenses financières évitables, il convient de réaliser une bonne couverture pour protéger la partie extérieure de la toiture mais également de traiter l’intérieur.

Pour la construction neuve, le test de conformité (le blowing door) prend en compte l’ensemble du bâtiment, c’est-à-dire sa situation géographique, son orientation, les matériaux de construction, le moyen de chauffage, le système de ventilation, les matériaux utilisés pour les menuiseries, etc. la consommation d’énergie primaire du bâtiment ne devant pas dépasser 50 kW/m2/h. Pour atteindre ce seuil, l’enveloppe du bâtiment doit être à hautes performances énergétiques avec des résistances thermiques (déterminées par l’épaisseur et la conductivité thermique de l’isolant ; cf. encadré) qui doivent être supérieures à R = 8 m2.K/W pour les combles (entendons à la fois les rampants et le plancher) et R = 4 m2.K/W pour les murs et planchers de l’habitation.

Pour la rénovation, il n’existe pas de consommation énergétique précise. Néanmoins, des valeurs minimales de R ont été établies pour garantir un minimum d’isolation à savoir R = 4 m2.K/W pour les combles aménagés et R = 4,5 m2.K/W pour les combles perdus. Toutefois, pour inciter les propriétaires à améliorer leur habitat et faire en sorte qu’il soit moins énergivore, des valeurs de performance donnant droit au crédit d’impôt développement durable (CIDD) et à des certificats d'économies d'énergie (CEE) ont été fixées. Ces valeurs doivent être supérieures à R =  4,5 m2.K/W pour les toitures terrasses, R = 6 m2.K/W pour les rampants de combles aménagés et 7 m2.K/W pour les planchers de combles perdus.

Qu’est ce qu’un comble perdu ?

Aujourd’hui, l’isolation des combles perdus représente le marché le plus important en volume du secteur de l’isolation. En effet, il existe davantage de combles perdus que de combles aménagés, ces derniers nécessitant une hauteur sous faîtage de 1,80 mètre (loi Carrez) mais aussi des travaux plus lourds puisqu’il convient d’isoler la toiture, les rampants, les murs et le plancher. A l’inverse, tout espace vide situé entre le plafond et la toiture et non habitable est considéré comme perdu. Toutefois, isoler ce « vide » est aujourd’hui fortement recommandé pour économiser de la chaleur mais aussi améliorer le confort de vie des habitants, d’autant que pour ces combles perdus, il convient d’isoler uniquement le plancher pour bénéficier immédiatement de ces avantages. A noter qu’un comble perdu peut également être amené à être aménagé dans le futur si les conditions le permettent (hauteur sous faîtage suffisante, charpente non industrielle…). Dans ce cas, les combles perdus peuvent être appelés combles aménageables, l’isolation du plancher étant alors la première étape vers une isolation conforme à celle des combles aménagés.

Trois techniques de pose

Pour isoler les combles perdus, quelle que soit la résistance thermique souhaitée, il existe trois techniques principales de mise en œuvre de l’isolant.

La première, souvent la plus appropriée, consiste à souffler l’isolant entre les solives afin de constituer un matelas selon l’épaisseur nécessaire pour obtenir la résistance thermique désirée. Le soufflage s’effectue à l’aide d’une machine à insuffler qui fonctionne comme un aspirateur inversé. Cette technique est privilégiée pour l’isolation des combles perdus sous des toits de faible pente comme c’est par exemple le cas dans le sud de la France où la hauteur sous faîtage n’excède généralement pas 1,40 mètre. Elle est également plébiscitée lorsque le comble est particulièrement encombré par les réseaux de câbles ou plus simplement quand le comble est difficile d’accès, voire quand il n’existe pas de trappe de visite depuis l’intérieur de l’habitat. Il est en effet possible de souffler l'isolant depuis l’extérieur en enlevant quelques éléments de couverture juste le temps du soufflage. La technique de soufflage offre par ailleurs plusieurs avantages comme l’absence de découpe et de chute sur le chantier, aucune manipulation de l’isolant dans les combles mais aussi la possibilité d’obtenir un niveau d’isolation supérieur en ajoutant ultérieurement un complément d’isolation à l’existant (attention toutefois à vérifier le poids que peuvent supporter le plafond et la charpente). La technique du soufflage est aujourd’hui la technique la plus utilisée pour isoler les combles perdus dans le neuf, les constructeurs de maisons individuelles privilégiant des charpentes sous forme de fermettes industrielles qui limitent fortement le passage.

En rénovation, la majorité des ventes porte sur les isolants conditionnés en rouleaux. Le déroulage de rouleaux d’isolant est envisageable dès que la hauteur sous faîtage est assez importante pour permettre au poseur de se déplacer mais aussi quand l’espace entre les solives est suffisant (600 mm minimum) et non encombré et lorsque le plancher est parfaitement plan. Selon l’épaisseur nécessaire pour obtenir la résistance thermique souhaitée, la pose de l’isolant peut s’effectuer soit en une couche, soit en deux couches croisées (une couche dans un sens, la seconde couche à la perpendiculaire), cette dernière limitant fortement les déperditions de chaleur.

Beaucoup plus rare, la troisième technique de pose consiste à épandre manuellement l’isolant en vrac sur le plancher du comble. L’épandage manuel est essentiellement préconisé en rénovation pour les combles de faible superficie et qui bénéficient d’un plafond particulièrement rigide. La densité de l’isolant est en effet moindre que lorsqu’il est en rouleau ou soufflé et il convient donc, pour le compacter, d’ajouter de l’épaisseur et du poids, afin d’obtenir la résistance thermique désirée.

A noter que quelle que soit la mise en œuvre préconisée, la CCFAT (Commission Chargée de Formuler des Avis Techniques) exige que les agréments techniques délivrés aux produits d'isolation des sols de combles perdus rapellent l'obligation de traiter et de protéger les points singuliers des conduits de cheminée ou de fumée, des spots encastrés...

La laine de verre, isolant numéro un

Le marché de l’isolation étant fortement bataillé, il est aujourd’hui très difficile de recenser des données chiffrées précises. Néanmoins, tous les acteurs que nous avons interrogés, quelle que soit leur spécialité (isolants minéraux ou bio-sourcés) sont unanimes sur le fait que la laine de verre est le premier isolant en termes de volume. Tous marchés confondus, il y aurait entre 200 000 et 400 000 tonnes de laines de verre produites chaque année, la laine de verre représentant 50% à 60% de part de marché en valeur. Elaborée en tant qu’isolant thermique en 1938, la laine de verre bénéficie en effet d’un prix attractif avec un process de fabrication totalement maîtrisé.

Pour rappel, la laine de verre est obtenue en faisant fondre du sable mélangé de 50% à 80% de verres recyclés. Les fils en fusion passent ensuite dans une fibreuse (un disque troué tournant à grande vitesse qui délie les fils) pour obtenir des fibres qui sont alors conditionnées en ballots de 15-16 kg pour être mises en œuvre par soufflage – généralement pure, la laine de verre en vrac peut également recevoir un liant à base de silicone dont les effets anti-statiques évitent que les fibres ne collent les unes aux autres lorsqu’elles sont projetées. Pour les laines de verre conditionnées en rouleaux, les fibres obtenues sont encollées par un liant (moins de 5% de la formulation) pour former un matelas. Ce dernier est alors cuit dans un four pour que le liant polymérise, puis enroulée et compressé.

Le choix d’une laine de verre en rouleau ou en vrac s’effectue selon les critères que nous avons cités un peu plus haut, à savoir selon la configuration du comble, la résistance thermique souhaitée et l’usage de destination du comble. Précisons que si un isolant en laine de verre en rouleau conserve relativement longtemps son épaisseur (pour éviter de marcher sur la laine, il est d’usage de prévoir un chemin de passage), il convient, pour le vrac, de prendre plusieurs précautions. En effet, lorsqu’elles sont soufflées, les fibres de laine de verre se positionnent aléatoirement sur la surface du fait de leur pureté et il est donc indispensable d’attendre que la laine s’aère et se tasse pour rectifier l’épaisseur du matelas. Pour éviter le temps d’attente entre le soufflage et l’étape de rectification, Ursa a récemment développé la première machine à insuffler qui aère mécaniquement la laine avant son soufflage. Proposée à la vente aux prestataires spécialistes du soufflage, cette cardeuse est réservée, pour les négoces matériaux, à la location vers les artisans, ces derniers n’ayant pas une activité soufflage si fréquente au point d’investir dans ce type de matériel.

A noter que le choix d’une laine de verre en rouleau ou en vrac peut également être déterminé par le prix. En effet, une palette de laine de verre compressée permet d’isoler cinq fois plus de mètres carrés que les autres isolants, d’où un rapport prix/poids incomparable.