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Les outils spécifiques pour le plaquisteBati N° 27 - Oct. 14
Des outils innovants pour un métier tout neuf

L’émergence du métier de plaquiste, il y a une trentaine d’années, a généré peu à peu le développement d’outils spécifiques à la manutention et à la mise en œuvre d’une plaque de plâtre. Néanmoins, ces outils innovants, à forte valeur ajoutée, sont encore trop méconnus et gagneraient sans doute à être davantage mis en avant par les distributeurs, d’autant que les organisations professionnelles encouragent leur usage.

Le métier de plaquiste est sans doute l’un des plus récents de l’univers du bâtiment. Si la plaque de plâtre, créée en 1890 aux États-Unis, est une alerte centenaire, elle apparaît dans l’Hexagone seulement après la seconde guerre mondiale dans le cadre de la reconstruction et ne prend un réel essor qu’à la fin des années 50. Aujourd’hui, cet élément de construction domine à 80% le marché de l’aménagement intérieur et représente environ 300 millions de mètres carrés posés annuellement en France.

Composé schématiquement d’une plaque de plâtre moulée entre deux couches de carton et montée sur une ossature le plus souvent métallique, ce nouveau matériau a donné naissance, il y a vingt ou trente ans, à un nouveau métier, celui de plaquiste ou de plâtrier-plaquiste. Nombre de plâtriers traditionnels se sont effectivement spécialisés dans la pose des plaques de plâtre, les plaquistes représentant actuellement 75% des professionnels du plâtre, soit environ 30 000 personnes, selon l’Union des métier du plâtre et de l’isolation (UMPI). Certains sont issus également des métiers de la menuiserie et d’autres évidemment de l’univers de la peinture, surtout en ce qui concerne le jointoyage, une opération qui demande une certaine dextérité pour obtenir un joint de qualité irréprochable entre deux plaques, gage d’un état de surface impeccable. Certains professionnels se sont ainsi spécialisés en plaquiste-jointoyeur ou en jointoyeur.

Les origines diverses du plaquiste expliquent aussi la présence de plusieurs circuits de distribution pour desservir ces professionnels : les négociants en matériaux, grands pourvoyeurs de plaques de plâtre, les grossistes en peinture mais aussi les distributeurs spécialisés qui s’adressent surtout aux entreprises de tailles importantes, elles-mêmes spécialisées dans cette activité, travaillant parfois en sous-traitance sur les chantiers. Néanmoins, la majorité des plaquistes-plâtriers sont issus d’entreprises artisanales du bâtiment, comportant donc seulement quelques personnes.

Confort et productivité

Logiquement, la spécialisation de cette activité a peu à peu incité les fournisseurs à mettre au point des outils dédiés au métier de plaquiste. Il faut dire que les plaques de plâtre sont des matériaux à l’allure guère commode, avec des dimensions souvent difficilement gérables par une personne seule. Les modèles standard se déclinent en effet en des longueurs de 2,40 m à 3,60 m de long pour des épaisseurs allant jusqu’à 25 mm, le modèle le plus courant étant la fameuse BA 13 avec ses 12,5 mm d’épaisseur pour 1,20 m (largeur) x 2,50 m (longueur), l’ensemble avoisinant quasiment les 30 kg. Ce qui contraint donc les plaquistes à opérer souvent par deux, tout au long des différentes étapes du chantier.

Les développements se sont accélérés ces dernières années, avec la sensibilisation croissante aux troubles musculo-squelettiques (TMS), sans oublier les risques liés aux coupures lors de la découpe des ossatures métalliques et de la plaque, engageant les professionnels à utiliser des outils appropriés. Selon les statistiques du CNAMTS, les principales causes des arrêts de travail dans les métiers du plâtre sont en effet liées aux manutentions manuelles (36%), aux chutes de hauteur (21%) ou de plain-pied (20%), et aux outils (8%). 97% des maladies professionnelles reconnues sont des TMS (membres supérieurs, genoux et dos). Par ailleurs, cette volonté d’améliorer les conditions de travail des utilisateurs s’est accompagnée d’une attention croissante des entreprises à la productivité de leurs équipes, donc à la rapidité du travail et à sa qualité.

Inventaire à la Prévert

Certains fabricants ont ainsi acquis une vraie renommée sur le marché, en créant des outils dédiés aux plaquistes et en composant des gammes complètes, à l’instar d’Edma Outillage, figure référente de cet univers qui propose sans doute la gamme spécifique la plus importante, avec notamment un vrai savoir-faire dans les pinces à sertir et la prise en compte des TMS, mais aussi Mondelin, Théard ou Sofop-Taliaplast. Ceci permet aux fabricants français d’être souvent bien positionnés sur ce marché des outils pour le plaquiste et en mesure de proposer à l’export leurs produits, le plaquiste ayant en effet les mêmes habitudes partout dans le monde, contrairement aux habitudes d’autres artisans du bâtiment très régionalisées.

La plupart des fabricants puisent leurs innovations de remontées terrain, d’observations des gestes des plaquistes, voire même créent des brevets suite à des partenariats avec des hommes de métier. C’est le cas de Taliaplast, par exemple, qui s’appuie sur les inventions d’un plaquiste et le savoir-faire de sa R & D pour concevoir sur son site de production une gamme d’outils spécifiques répondant aux problématiques des TMS. Beaucoup de plaquistes développent en effet des solutions ingénieuses ou des astuces, mais qui ne sont pas toujours exploitées de façon industrielle.

Répondant aux problématiques spécifiques des différentes étapes de la pose d’une plaque de plâtre, ces gammes d’outils pour le plaquiste sont également souvent très hétérogènes, faisant parfois figure d’inventaire à la Prévert, même si toutes les innovations visent à faciliter le travail du professionnel.

Néanmoins, les gammes des spécialistes de cet univers se scindent souvent en quatre grandes familles mettant à chaque fois en œuvre des outils plus ou moins spécifiques pour mener à bien chaque phase du chantier : la manutention et la manipulation de la plaque, la découpe de la plaque, le travail sur les rails et montants, le jointoyage et la finition. Chacun y a mis son savoir-faire propre, quitte à compléter ses gammes de produits issus des compétences de ses confrères. La phase du vissage, par exemple, qui consiste à visser la plaque et l’ossature en un même ensemble, relève de visseuses souvent dotées de chargeurs importants pour permettre à l’artisan de travailler dans la durée en hauteur sans avoir besoin de redescendre de son échelle pour s’approvisionner en vis, jamais développées par les fabricants d’outillage à main mais par le secteur de l’électroportatif. Également des étuis qui s’attachent à la taille pour avoir sa réserve de vis, y compris en hauteur.

La manutention, seul ou à deux

La première étape est sans doute l’une des plus cruciales pour le plaquiste, celle aussi qui, mal gérée, est susceptible d’entraîner nombre de TMS et de mettre en péril la sécurité sur le chantier.

Elle concerne tous les systèmes facilitant le transport de la plaque de plâtre, de la camionnette jusqu’au chantier, à l’intérieur du chantier et lors de la manipulation liée à la mise en œuvre, une offre très riche qui, ici, ne prétend pas être exhaustive.
Pour transporter les plaques jusqu’au chantier, le plaquiste a à sa disposition différents types de chariots porte-plaques. Munis d’une tablette avec des butées capables de retenir la plaque, ils assurent le chargement et le transport sans dommage de plusieurs panneaux. Dotés de poignées ergonomiques, ils se différencient notamment par la présence de roues en caoutchouc ou gonflables, renforçant leur stabilité et leur côté tout terrain, permettant à la cargaison de franchir les aléas d’un terrain de chantier. Pour apporter un peu plus de confort, certains sont mêmes équipés d’un système de motorisation, libérant l’artisan de tout effort.

Des porte-plaques à griffes avec poignée ergonomique sont également disponibles dans les gammes pour permettre à deux opérateurs de transporter une plaque unitaire, à l’extérieur ou à l’intérieur du chantier. D’autres systèmes permettent même à une seule personne de porter le matériau, ce qui n’est pas négligeable dans les petites équipes. Équipés de platines de préhension fixées sur une structure télescopique, pour s’adapter à la taille de la plaque, d’une poignée de relevage et d’une poignée de dépose de la plaque, ils donnent toute leur autonomie au plaquiste. Ce dernier porte sa plaque sous le bras, en conservant le dos droit et en bénéficiant, malgré son chargement, d’une vision à 360°, lui évitant de trébucher sur un câble ou de heurter un autre équipement.

Pour hisser la plaque à l’étage, certaines marques ont mis au point des monte-plaques à rouleaux. Dotée d’un rouleau monté libre autour d’un axe, la structure se positionne grâce à une pince étau sur un plancher, dans une trémie d’escalier ou sur un rebord de fenêtre. La plaque est posée sur le rouleau et coulisse facilement, sans s’abîmer, au profit évidemment du dos et des bras du plaquiste.

Sur le chantier, notamment lorsqu’il s’agit de soulever la plaque pour la fixer aux montants, des blocs ou cales-plaque permettent de lever la plaque facilement et de la bloquer en position verticale, afin que le plaquiste, toujours autonome, garde les mains libres pour effectuer tranquillement son opération de vissage ou aller chercher des équipements complémentaires. Autre outil incontournable, le levier à plaque ou relève-plaque permet de soulever facilement la plaque en appuyant avec le pied tout en conservant un dos bien droit mais sans pouvoir toutefois la bloquer.

Le produit emblématique de cette catégorie est sans doute le lève-plaque, dont le premier modèle a été créé par Mondelin pour répondre à la demande de fabricants de plaques de plâtre. Depuis, Taliaplast a développé ses propres fabrications avec plusieurs modèles et d'autres acteurs se sont aussi positionnés sur ce marché. Globalement, le lève-plaque permet de lever la plaque jusqu’au plafond. Elle est fixée sur une base inclinable montée sur un mat télescopique qui peut donc élever l’ensemble, jusqu’à quatre mètres en moyenne selon les modèles, sachant qu’il existe aujourd’hui un système pour aller jusqu’à cinq ou six mètres. Victime de sa renommée, le lève-plaque a évidemment fait l’objet de développements entrée de gamme, issus souvent de sourcing asiatique. Rarement présents dans la distribution professionnelle, ces produits se retrouvent surtout dans les grandes surfaces de bricolage et ne disposent pas toujours des attestations nécessaires à la sécurité de l’opérateur. S’il casse, c’est 25 ou 30 kg sur la tête de ceux qui travaillent dans la pièce !

Ergonomique, la table de plaquiste a, quant à elle, été également conçue pour faciliter la tache du plaquiste. Elle lui permet de placer facilement la plaque et, selon son travail, de la bouger d’avant en arrière, de droite à gauche grâce à des galets rotatifs placés aux quatre angles.

Rapidité et netteté de la découpe de la plaque 

Dès qu’il s’agit de découper la plaque, il faut bien reconnaître que la scie à guichet et le cutter à lames sécables de 25 mm restent les plus prisés, sans oublier la mesure, l’équerre ou la règle. Rien de très spécifique à cette profession donc, même si les gammes des spécialistes des outils pour le plaquiste comportent plusieurs dizaines de références pour couper, ajourer, raboter la plaque de plâtre (scies cloche pour le plâtre, râpes, limes...).

Néanmoins, certains outils ont été adaptés à cet usage, comme le trusquin de plaquiste. Cet outil de traçage opérant par translation sur la surface de la plaque, peut ainsi se doter de perforations permettant de glisser une lame de cutter et autorise ainsi une découpe en toute sécurité. Certains donnent même au professionnel les moyens de s’exonérer des étapes de mesure et de traçage, obligatoires s’il travaille au cutter. Le trusquin est alors équipé d’une roulette tranchante (sur un ou deux côtés) permettant de découper la plaque, avec une capacité de coupe allant jusqu’à 600 mm de large, directement à la mesure choisie. Il existe également des systèmes de découpe ne permettant pas de mesurer. Mais, munis de lames de deux côtés associées à un puissant aimant, ils coupent donc simultanément le deux côtés du matériau. Et lorsque la plaque est coupée sur ces deux faces, cela permet évidemment de gagner en temps mais aussi en netteté puisque, habituellement, le plaquiste donne un coup sur le morceau de bande coupée pour qu’il se détache complètement. Le recours au rabot ou à la lime pour une belle finition devient moins nécessaire.

L’Outil Parfait a de son côté adapté une carrelette, telle qu’en utilise le carreleur, au plaquiste. Cet outil permet là encore une incision précise, une cassure nette et un arasage soigné du chant.

Lorsque la finition de la plaque reste à désirer ou s’il s’agit de récupérer quelques millimètres, certains rabots ou râpes ont également été repensés pour le plaquiste. Il existe donc des rabots à chanfreiner, réglables dans un rayon de 22 à 45° pour un ajustement parfait et des modèles ergonomiques, évitant le dérapage sur la plaque et permettant l’évacuation du plâtre, correspondant bien aux attentes de ces professionnels qui risquent de se couper au contact de ce matériau très abrasif.

Confort pour la découpe et le sertissage des ossatures

La coupe des montants métalliques – les rails destinés au sol et au plafond ainsi que les montants – est une autre étape essentielle. Pour couper ces éléments à la longueur désirée, le plaquiste utilise souvent une cisaille à tôle ou une grignoteuse, qui exigent tout de même un minimum d’efforts pour une coupe pas forcément nette. La disqueuse, malheureusement trop souvent utilisée, est évidemment proscrite. Le recours à un outil manuel permettant une coupe à froid est recommandé pour préserver la galvanisation du montant, au risque sinon de générer de la rouille dans le temps, cause de belles auréoles oranges sur la cloison, et évidemment d’éviter les étincelles et les nuisances sonores. Pour permettre au plaquiste de mener à bien cette mission, il existe aujourd’hui des outils plus sophistiqués qui lui sont dédiés, comme ces grands massicots avec guillotine, adaptés à la découpe de profilés métalliques, selon différentes formes de découpe et différentes capacités de largeur.

Dès qu’il s’agit de fixer ensemble le rail et le montant, la technique du sertissage, initiée dans les années 80 par Edma Outillage, s’est fortement développée. Grâce à son poinçon, la pince à sertir vient percer les deux épaisseurs d’acier entre le rail et le montant, qui se replient sous l’effet de cette action. Les deux éléments sont fixés, sans nécessiter le moindre consommable, qu’il s’agisse de vis auto-foreuses ou de rivets. Plusieurs modèles existent, à deux mains, à une main, pour faire des sertissages dos à dos lorsque les montants sont doublés pour donner plus de solidité à la structure, des sertissages le long d’un mur, etc. Récemment, le fabricant français a lancé une nouvelle pince, la Power Profil qui a d’ailleurs été primée comme meilleure innovation de l’année lors d’un concours organisé par la Capeb. S’adaptant sur une visseuse, cette pince à sertir devient automatique. Le plaquiste appuie sur la gâche de la visseuse et la mâchoire de la pince s’actionne pour effectuer le sertissage. Il ne force donc plus et travaille plus vite.

Qualité et rapidité d’exécution pour le jointoyage

Avec le jointoyage, la plaque de plâtre aborde les phases de finition. Cette opération consiste à déposer entre chaque plaque, une bande à joint, c’est-à-dire une feuille de papier multiperforée d’une largeur de 50 mm, d’éviter les fissures.

Là encore, différents systèmes sont proposés, depuis le fameux bazooka, cette sorte de tube venue des États-Unis permettant de poser et coller la bande à joint moyennant des prix souvent supérieurs à 1 000 euros, des applicateurs dotés de deux compartiments, pour l’enduit et la bande, des bacs à encolleur, pour permettre également d’encoller et coller les bandes à joints en un seul geste ou des dérouleurs, brochables à la ceinture, permettant de dérouler et transporter la bande à joint. L’objectif est effectivement de gagner du temps, de mieux gérer sa consommation d’enduits et de réaliser une opération la plus impeccable possible pour garantir les performances de l’ouvrage et la continuité de son aspect de surface.

Travaillant justement sur la qualité de rendu et la rapidité d’exécution, sans oublier l’ergonomie, Taliaplast a sorti récemment son dévidoir 4 RD, avec une promesse clairement affichée qui parle bien aux applicateurs : 600 mètres linéaires réalisés par jour. Cet outil qui permet de dérouler et d’encoller les bandes simultanément pour un collage homogène, à plat ou dans les angles, peut être utilisé directement dans le seau d’enduit. Le seau, qui reste au sol et peut être posé sur un chariot à roulettes pour évoluer avec le plaquiste, est hermétique pour conserver l’excès de mélange. Il est également en inox pour plus de facilité de nettoyage.

De l’inox pour la finition

L’inox s’impose d’ailleurs pour la plupart des outils de finition, plus flexible que l’aluminium, permettant la fabrication de lames plus fines pour mieux lisser et adapté à un environnement humide. A la phase de jointoyage succède en effet l’enduisage, une action indispensable pour éliminer la porosité de la plaque de plâtre, avant la peinture.

Cette étape est d’ailleurs parfois réalisée directement par les peintres qui s’assurent ainsi de la qualité de la préparation du fond avant la mise en peinture. Les outils d’enduisage ne sont donc guère spécifiques aux plaquistes. Néanmoins, certains spécialistes, comme l’Outil Parfait, ont notamment travaillé sur la productivité et la qualité de finition pour éviter les litiges entre le plaquiste et le peintre, qui souvent se doit de reprendre un travail mal fait. Doté d’une poignée bi-matière et d’un plateau en polycarbonate, le platoir de platrier-plaquiste présente ainsi un poids allégé de 40%, dispose d’une embase large et concave pour une bonne répartition de l’enduit, des bords arrondis progressifs pour un ratissage sans bavure et assure donc un bon serrage et lissage des bandes de plâtre, le tout sans laisser de traces.

Sinon, les couteaux restent les produits phare, parmi lesquels le couteau plat, le couteau courbé qui permet de charger plus d’enduit et est donc idéal pour l’application de la bande à joint, des couteaux d’angles intérieur et extérieur, suivis ensuite par les platoirs biseautés pour la finition. Là encore, l’astuce est de rigueur comme ce couteau à enduire américain de 150 mm, dont le manche dispose un embout cruciforme amovible qui lui permet donc de se transformer en tournevis. Cela permet au plaquiste d’agir immédiatement s’il s’aperçoit qu’une vis dépasse. Rappelons que l’enduit sèche très vite et que toute économie de temps est un vrai gain pour le professionnel.

Pour finir, les abrasifs utilisés par les plaquistes, sont les mêmes que ceux utilisés par les plâtriers et les peintres, de même que les ponceuses manuelles à manche en aluminium de 1300 mm de long pour assurer une homogénéité du travail sur toute la bande, les ponceuses adaptables sur aspirateur ou encore les kits de lame rasante pour bien vérifier la qualité de la réalisation.

Un travail de prescription

Néanmoins, la plupart de ces outils innovants, bien qu’ils génèrent de la productivité, un gain de temps, une réalisation de qualité et un plus grand confort de travail, ne sont pas encore très utilisés par les plaquistes. Il est vrai que leur essor est encore relativement récent et qu’il s’agit souvent de produits à valeur ajoutée, représentant donc un prix élevé pas toujours bien accepté à l’heure actuelle.

Force et de constater que ces produits sont également encore méconnus. Ils conquièrent en revanche facilement leur cible dès qu’ils sont montrés et démontrés, dans les salons, les journées techniques de distributeurs, etc.

Les acteurs du marché développent évidemment des vidéos démontrant les atouts de leurs produits, qu’ils diffusent sur leur site internet ou mettent en ligne sur You Tube, et travaillent en partenariat avec des artisans qui testent les innovations et contribuent au déploiement du bouche à oreille. Ils utilisent également le relais de bloggers spécialisés pour développer leurs liens avec les utilisateurs. Le but est de mettre en avant ces produits auprès des professionnels, sachant que dans le point de vente, ils sont rarement implantés aux côtés de plaques de plâtre mais dans le rayon outillage et pas forcément bien mis en avant, malgré le développement de linéaires ou de présentoirs de comptoir dédiés à cette activité.

Les distributeurs auraient sans doute tout à gagner à valoriser davantage les outils pour le plaquiste, sachant qu’il s’agit de produits souvent à marge et que les organisations professionnelles préconisent leur usage... Conscients de la nécessité de jouer un rôle de prescripteurs, certains fabricants travaillent en effet avec des organismes comme l’OPPBTP, la Capeb, la Carsat (aides financières simplifiées ayant pour objet de développer la prévention des risques professionnels dans les TPE-PME) mais aussi avec des organismes de formation comme l’AFPA pour valoriser leurs innovations liées à la lutte contre les TMS et concourir à l’apprentissage des bons gestes et postures. L’enjeu est d’envergure car cette profession s'inscrit incontestablement dans l’avenir, le matériau plaque de plâtre ayant encore de beaux jours devant lui.

Agnès Richard



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