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Les revêtements de sol stratifiésBati N° 23 - Sept. 13
Résistance et esthétisme

Un revêtement de sol stratifié est un sol multicouches qui contient une âme en panneau MDF (Medium Density Fiberboard) ou HDF (Hight Density Fiberboard). Ces panneaux sont fabriqués en pressant des fibres de bois non broyées de moyennes ou haute densité. Ces fibres peuvent être issues d’essences de feuillus ou de bois de récupération pour les MDF ou provenir de bois raffinés pour les HDF.

L’atout résistance

Contrairement aux parquets dont la résistance est déterminée par une couche d’usure en bois, la résistance d’un sol stratifié est définie par la densité du panneau utilisé (MDF ou HDF, les produits haut de gamme étant pour la plupart en HDF) mais aussi par une couche supérieure transparente qui protège le papier décor que nous évoquerons plus bas. Baptisé overlay, cette feuille détermine, avec la densité du panneau, la classe d’usage du sol, c’est-à-dire concrètement son degré de résistance aux tâches, à l’usure, aux chocs, aux griffes, aux brûlures et aux produits ménagers chimiques. En plus de la résistance à l’usure, l’overlay garantit également une grande facilité d’entretien puisque les sols stratifiés peuvent être entretenus avec des produits de lavage de sol standards à condition qu’ils ne soient pas trop agressifs.

Pendant longtemps, les fournisseurs présents sur le marché français et les distributeurs se sont appuyés sur le classement UPEC (Usure aux effets de la marche, Poinçonnement provoqué par le mobilier, Eau et humidité, agents Chimiques et tachants domestique) établi par le CSTB qui déterminait si le revêtement de sol était bien approprié au local auquel il était destiné. Valable uniquement dans l’hexagone et à titre indicatif seulement, cette classification est aujourd’hui désuète et n’est plus exigée que par certains architectes et services de ville, par exemple pour les constructions de HLM. En effet, pour segmenter leur offre, les fabricants utilisent désormais un classement reconnu à l’international qui se divise en deux groupes. Le premier rassemble les revêtements de sols à usage domestique qui sont ordonnés selon trois classes : classe 21 pour les zones de passage faible ou intermittent (chambre et couloir sans accès à l’extérieur par exemple), classe 22 pour les zones de passage moyen (séjour et hall d’entrée d’appartement) et classe 23 pour les zones de passage intense (pièces avec accès à l’extérieur, entrée, cuisine, escalier…). Le second groupe réunit pour sa part les références destinées à habiller le sol de locaux commerciaux ou recevant du public : classe 31 pour les zones de passage faible ou intermittent (bureaux individuels, chambres d’hôtel), classe 32 pour les zones de passage moyen (bibliothèques, étage de boutique, salles de conférences…), classe 33 pour les zones de passage intense (salles d’attente d’aéroport, boutique avec accès sur l’extérieur, salle de classe, discothèques…) et classe 34 pour les zones de passe très intense (restaurants d’entreprise, musées, pharmacies…). A noter que certaines références peuvent convenir aussi bien à un usage domestique et commercial d’où la possibilité de voir des classes couplées, 23/32 par exemple.

Au dos de la lame, c’est-à-dire sur le dessous du panneau, est apposée une feuille de contre-balancement qui, outre la stabilité de la lame, sert également de barrière contre l’humidité pour éviter tout risque d’ondulation en cas de mise en œuvre dans des pièces humides comme les cuisines ou les salles de bains. Les chants des lames peuvent également subir des traitements anti-tuilage pour éviter tout risque de déformation si de l’eau parvient à s’infiltrer entre les lames.

Multitude de décors

Le rendu visuel du revêtement de sol est assuré par une feuille de décor positionnée entre le panneau et l’overlay. Ce décor est en fait une photo en très haute-définition de bois véritable imprimée avec des techniques d’impression de pointe pour créer un fort mimétisme. Longtemps calqué sur les tendances du marché du parquet, les décors des revêtements de sol stratifiés sont aujourd’hui très variables, les évolutions technologiques ayant permis aux industriels de créer des effets uniques. Ainsi, en termes de couleurs, les demandes sont axées sur les nuances de gris (du plus clair proche du blanc, au plus foncé proche du noir) avec des aspects vieillis faisant écho à des matériaux usés par le temps (effets « traits de scie », peinture écaillée), recyclés ou bruts mais aussi sur des imitations d’ardoise et de béton ciré. Depuis quelques années, les industriels ont également remarqué un retour aux finitions qui rappellent les essences naturelles, notamment le chêne.

Représentant parfois plus de 80% des ventes des fournisseurs, l’aspect chêne conserve en effet une grande popularité, loin devant les reproductions de pin, frêne, bambou et autres bois feuillus et exotiques. Il faut dire que les fabricants sont parvenus à développer des décors à la fois crédibles visuellement – il existe par exemple des procédés permettant de créer un enchaînement de surface d’une extrémité d’une lame au commencement de la suivante – et au touché avec la création, sur la feuille de décors, de textures faisant référence au bois naturel. A noter qu’en parallèle de ces décors, somme toute, traditionnels, les sols stratifiés permettent également de jouer la carte de l’originalité (notamment dans les locaux commerciaux) en optant pour des nuances vives ou fluorescentes avec des textures plus artistiques (effet gaufré, griffé…). Certains industriels peuvent même réaliser des décors sur-mesure, en répliquant par exemple, le logo d’une enseigne commerciale.

Privilégier une offre courte mais complète

Considéré comme stagnant, le marché des revêtements de sol stratifiés représente des ventes importantes dans le chiffre d’affaires des négoces bois et panneaux et négoces matériaux consacré aux revêtements de sols. En effet, en plus de leur résistance et de leur faible entretien, ils sont moins chers (entre 9 et 20 le m2) que les parquets (le double au minimum), un critère de choix qui, avec la crise, a largement contribué à maintenir des volumes importants. Pour conserver une offre pertinente, il est toutefois conseillé aux distributeurs de suivre de près les demandes du marché, tant en termes de décors (comme nous venons de le voir) que de formats. Aujourd’hui, l’essentiel des ventes porte sur des revêtements mono lame (sans frise) dont les longueurs s’étendent plus ou moins de 950 mm à environ 2 200 mm avec des largeurs comprises entre 180 et 250 mm. Forcément, pour conserver une parfaite stabilité, plus la lame est longue et large, plus son épaisseur est importante. Aussi, le marché professionnel se concentre principalement sur des épaisseurs de lame de 7, 8 et 9 mm, le cœur de gamme d’un négoce étant un revêtement mono lame de classe 23/32 au format 1 285 x 190 mm avec une épaisseur de 8 mm et deux ou quatre chanfreins.

Des longueurs plus importantes sont également synonymes de palettes plus volumineuses d’où la nécessité pour les distributeurs, en cas de manque de place, de privilégier les plus petits formats. En effet, les revêtements de sol stratifiés sont des produits qui doivent être suffisamment stockés pour répondre, dès la demande du client, à la totalité de son chantier (100 m2 environ) sous peine de rater la vente. A noter que la vente de sols stratifiés s’accompagne souvent de ventes complémentaires comme celles d’outils nécessaires à la pose – même si les systèmes de clips sont très majoritaires, ils nécessitent encore des opérations de frappe pour encastrer les lames les unes aux autres –, de plinthes assorties aux lames ou encore de sous-couche anti-capillarité et phonique, les sous-couches déjà intégrées aux lames n’ayant pas encore atteint des niveaux de performance suffisamment élevés pour se démocratiser.
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