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Maintenance : les lubrifiants & les dégraissantsBBI N° 137 - Sept. 16
Les ventes se dégrippent

Si le marché des lubrifiants industriels retrouve, en 2016, le chemin de la croissance, il reste amplement dominé par le direct. La distribution tournée vers l’industrie se concentre sur les produits à large spectre, symbolisés par les aérosols multifonctions et les petits conditionnements adaptés à une clientèle diffuse. Bien souvent, elle n’aborde les lubrifiants et dégraissants techniques qu’avec le soutien du fournisseur, l’expertise étant incontournable pour préconiser ce consommable qui, utilisé à mauvais escient, peut générer des coûts importants. Parfaitement adapté à la problématique de l’entreprise, il contribue, à l’inverse, à sa productivité et à sa rentabilité.

Signe de reprise de l’activité industrielle ? Reflet de l’attention des entreprises sur la maintenance de leurs équipements existants pour en prolonger au maximum la durée de vie ? Toujours est-il que le marché des lubrifiants industriels a retrouvé le chemin de la croissance, après avoir enregistré ces dernières années une baisse de ses volumes de l’ordre de 35%, liée notamment à l’impact des délocalisations hors de l’Hexagone. Ainsi, sur les 12 mois glissants arrêtés à fin mai 2016, le Centre Professionnel des Lubrifiants (CPL) estime le marché intérieur des lubrifiants industriels à 215 648 tonnes, en hausse de 3,3% par rapport à la période précédente.

Le principal segment de ce marché, les huiles pour transmissions hydrauliques, affiche un volume de 80 675 tonnes, qui progresse de 1,3%, tandis que les graisses, à 15 245 tonnes, évoluent de +4,4%. Les huiles pour le travail des métaux ne sont pas en reste. Les produits non solubles (25 152 tonnes) progressent de 6,8% tandis que les produits solubles (26 569 tonnes) gagnent 12,3%.

Incontournables dans l'usinage des métaux

Même si les machines les plus récentes bénéficient d’une conception très précise, exigeant une quantité de produit moins importante qu’auparavant, le rôle du lubrifiant ou de la graisse, sans oublier ensuite le dégraissant, reste essentiel pour optimiser les paramètres (relation matières usinées, outils et lubrifiant) de l’ensemble du système de production. L’objectif est d’affirmer les critères de fiabilité et de performance de l’installation, d’éviter les arrêts de production forts coûteux, d’augmenter les intervalles de maintenance, de favoriser les gains de temps ou encore la réduction des consommations énergétiques. Ainsi que le rappellent les spécialistes de cet univers, ces produits sont certes des consommables chimiques qui, ramenés au kilo ne valent pas très cher. Mais utilisés à mauvais escient, ils peuvent générer des dommages très coûteux, allant jusqu’à la casse de la machine.
De façon générale, la mission d’un lubrifiant est de maintenir la séparation des surfaces quelles que soient la charge, la température et la vitesse, en minimisant les frottements et l’usure. Il agit ainsi comme fluide de refroidissement, éliminant la chaleur produite par les frottements (dans la plupart des cas entre deux pièces de métal), mais aussi nettoie et retient la poussière afin d’éviter les résidus et les débris pouvant se produire lors du fonctionnement de la machine. Ce consommable est ainsi utilisé dans de nombreuses applications, dès lors qu’il s’agit de protéger les outils et les mécanismes, de faciliter le fonctionnement des pièces en mouvement (systèmes hydrauliques, turbines, compresseurs, roulements, engrenages ouverts ou fermés, glissières de machines-outils, outils pneumatiques, transmissions...) ou encore pour rendre plus aisé le montage et le démontage des équipements lors de la maintenance. En outre, il est bien entendu incontournable pour les opérations d’usinage des métaux.

Huiles minérales plus ou moins raffinées

Les lubrifiants – nom quasiment générique recouvrant les huiles, les dégrippants, les graisses – proviennent d’une huile de base, d’origine minérale, synthétique ou végétale, qui peut représenter 70% à 99% de la composition finale.

Selon les spécialistes, la qualité des huiles minérales est étroitement liée au type de pétrole brut utilisé, à leur degré de raffinage et au processus de transformation mis en œuvre. Ainsi, selon le degré de distillation dont elles ont bénéficié, les huiles minérales sont classées dans des groupes allant de 1 à 3, ce dernier rassemblant les produits les plus raffinés et donc offrant les propriétés les plus élevées, s’approchant de celles des huiles synthétiques en termes d’extrême pression, de résistance à la charge, etc.

Traditionnellement orienté sur les huiles de groupe 1, le marché français tend ainsi à évoluer au profit des huiles de qualités plus élevées issues des groupe 2 et 3. Pour preuve, en 2015, 45% des huiles de base proviennent du groupe 1, contre 75% dix ans plus tôt, 33% du groupe 2 et 13% du groupe 3 (cinq groupes au total). A noter, de façon générale, que plus une huile est raffinée, plus elle est claire, propriété également inhérente aux huiles synthétiques.

Le dégrippant lui-même est une évolution de l’huile de base, réalisé à partir d’un lubrifiant le plus raffiné possible, au pouvoir mouillant élevé et donc à la viscosité très faible, et de solvants permettant au produit de se glisser en profondeur dans les plus petits interstices et d’additifs qui vont jouer leur rôle anti-corrosion et de dispersion des salissures (poussières, résidus). Le dégrippant spécifique, chargé de désintégrer la rouille ou la saleté d’un assemblage bloqué ou de desserrer facilement vis, écrou ou boulon, se différencie souvent du lubrifiant-dégrippant multifonction, qui recouvre un plus grand champ d’applications, par sa performance d’action, gagnant en efficacité grâce à ses propriétés de pénétration ou sa capacité à refroidir par choc thermique.

… et huiles synthétiques

Si, pour des raisons essentiellement de coûts, les formulations à base de pétrole occupent une place prépondérante sur le marché, la tendance est favorable aux produits de synthèse.
Obtenus par synthèse chimique, ces lubrifiants représentent souvent des produits de plus haute technologie, bénéficiant notamment d’une plus grande tenue dans le temps. Dépourvues d’huiles, les fluides synthétiques résistent mieux aux dépôts et à l’oxydation.
Présents sur le marché depuis plusieurs décennies, les produits biodégradables sont eux-mêmes issus d’huiles synthétiques, à partir d’esters organiques ou d’huiles végétales. Mais en raison de leur surcoût, ils peinent encore à se développer, en dehors de certains secteurs d’activité directement en prise avec les questions environnementales, comme par exemple les barrages hydrauliques. Les ateliers étant il est vrai équipés de systèmes de récupération et de retraitement des huiles et graisses usagées, les produits bio sont donc avant tout ciblés sur la maintenance et les usages extérieurs.

Par ailleurs, un produit est rarement intégralement biodégradable. La norme européenne OECD 301- B précise effectivement leur taux de biodégradabilité sur un laps de temps donné.

Le plus des additifs

Si le poids des additifs (graphite, bisulfure de molybdène, PTFE, silicone, paraffine, détergents, dispersants, anti-oxydants...) dans les compositions de lubrifiants industriels n’excède pas 5%, leur rôle est fondamental lorsqu’il s’agit d’améliorer certaines caractéristiques lors de l’utilisation : abaissement du point d’écoulement, limitation des dépôts, anti-oxydant, anti-usure, anti-corrosion, résistance aux températures élevées ou au contraire aux basses températures, à l’humidité, à la pression et à l’arrachage, allongement de la durée de vie, tenue à la charge, extrême pression, c’est-à-dire qu’il favorise la réduction des couples de frottement, génèrant par conséquence des économies d’énergie et protègeant les surfaces des fortes charges... Ils contribuent également à améliorer l’indice de viscosité permettant à l’huile d’être suffisamment fluide à froid et visqueuse à chaud pour éviter le contact des pièces en mouvement ou encore d’éviter le phénomène du moussage, limitant la dispersion d’un grand volume d’air dans l’huile.

Graisses, une huile épaissie

Si les lubrifiants sont généralement associés aux huiles, de nombreuses applications exigent le recours à des lubrifiants non liquides, les plus courants étant les graisses. La graisse lubrifiante est ainsi une huile, contenant un agent épaississant, un savon souvent (calcium, lithium, sodium...) à base de bentone ou de polyurée. Elle peut également intégrer des additifs qui vont lui donner des propriétés spécifiques.

Les graisses sont employées pour lubrifier et protéger les équipements mécaniques en alternative aux lubrifiants liquides, en particulier lorsque des problèmes liés au manque d’espace ou au dégouttement du produit rendent l’usage de l’huile difficile, pour des applications de lubrification à vie ou lors de charges très élevées. Elles sont parfois utilisées pour lubrifier un composant afin d’en augmenter la durée de fonctionnement (paliers à roulement ou petits réducteurs). Sur un roulement par exemple, la graisse qui ne sèche pas permet au lubrifiant de se diffuser de manière régulière et progressive.
Il existe également des lubrifiants solides, utilisés dans les conditions extrêmes (températures trop hautes ou trop basses...).

Les fluides de coupe

Les lubrifiants, huiles et graisses, s’adaptent, on l’a vu, à de nombreuses utilisations. En termes d’application, deux catégories principales se dégagent. La première concerne les huiles de coupe, destinées au travail des métaux, qui comprennent les huiles de rectification et de formage. Conçu spécialement pour le travail et l’usinage des métaux, un fluide d’usinage a pour mission de lubrifier les surfaces de contact entre l’outil et la pièce, de manière à minimiser la friction, de maintenir la pièce en cours de travail à une température stable, ce qui peut revêtir un enjeu particulier lorsque les tolérances de fabrication sont réduites, de maximiser la durée de vie de l’outil de coupe en lubrifiant l’arête de coupe et en permettant une bonne évacuation des copeaux, de prévenir l’usure de l’installation et d’assurer aux opérateurs de bonnes conditions de travail. Ces fonctions contribuent aussi à améliorer la qualité de surface de la pièce usinée.

Le choix du lubrifiant dépend ainsi du processus d’usinage (tournage, alésage, fraisage) et de ses conditions, en fonction de ses propriétés telles que la tension de surface (manifestation de l’effet capillaire), la viscosité, la conductibilité de la chaleur et la capacité thermique (propriétés refroidissantes) et l’adhésion au métal (vitesse et profondeur de pénétration du fluide).

Les huiles de coupe se scindent, elles-mêmes en deux grandes familles : les huiles entières et les huiles solubles. Les premières sont appliquées telles quelles, en petite quantité et de façon précise, sur l’outil de coupe, souvent dans le cadre d’un usinage manuel, tandis que les secondes sont introduites dans un réservoir, avec un complément d’eau, pour alimenter la machine pendant toute la durée de son travail.

Maintenance, spectre large ou précis

La deuxième grande partie de cette activité concerne les produits de maintenance dont fait partie l’imposante famille des fluides hydrauliques. En ce qui concerne les applications de maintenance, l’entreprise opte soit pour un produit au spectre large, comme les lubrifiants-dégrippants multifonctions, soit elle privilégie une plus forte valeur ajoutée technique avec un lubrifiant adapté à une application bien définie. C’est au niveau de ces produits spécifiques que les marques spécialisées dans les lubrifiants ou graisses techniques cherchent à se différencier des marques plus généralistes, positionnées davantage sur les produits aux applications standardisées. Cette approche suppose, en amont, un travail de préconisation pointu, en fonction du type de matériel à entretenir (petits mécanismes, chaînes, roulements, visseries, mécanismes en plastique...), des contraintes mécaniques (charge, vitesse, pression), des températures de travail, mais aussi du secteur d’activité.
Ainsi, si l’entreprise se situe dans le secteur agro-alimentaire, elle doit impérativement se soumettre à la norme NFS-H1, certifiant que le lubrifiant peut être utilisé là où un contact avec les denrées alimentaires est techniquement inévitable ou risqué. Certains lubrifiants ou graisses du marché sont même certifiés NFS-H2, ce qui leur donne les moyens d’être non seulement utilisés sur les chaînes de production mais autorise également un contact prolongé avec l’aliment sans crainte de contamination en cas de contact accidentel.

Pour faciliter les opérations de maintenance dans le secteur alimentaire, ITW Spraytec, à travers sa marque Rocol, a d’ailleurs mis en place un système d’identification des points de graissage. Chaque lubrifiant présente un numéro, en rapport avec un endroit à lubrifier sur la chaîne de fabrication, signalé par une pastille portant le même numéro. Ce procédé permet également d’assurer que l’opérateur n’a oublié aucun des points de graissage présents sur sa liste, un atout lors des périodes estivales où les entreprises font parfois appel à du personnel extérieur. Si la pastille se détache incidemment et tombe sur la chaîne, une alerte se déclenche comme dans le cas de métaux. Les capots des aérosols dédiés aux lubrifiants autorisés en alimentaire sont également équipés de systèmes de repérage pour éviter tout effet indésirable sur la chaîne.

Faisant l’objet d’une demande croissante, Les caractéristiques des lubrifiants dits alimentaires, à ne pas confondre avec les produits biodégradables, suscitent l’intérêt d’industriels d’autres secteurs, comme l’univers pharmaceutique ou l’industrie textile, qui apprécient tout particulièrement leurs qualités d’adhérence, d’anti-goutte et leur aspect blanc. De ce fait, l’agrément NSF est souvent perçu, de façon abusive, comme un synonyme de produit sain, propre, biodégradable, non dangereux pour la santé et pour l’environnement, une sorte de caution sécurité aussi pour le distributeur qui veut éviter tout risque d’erreur.

En ce qui concerne les huiles hydrauliques, c’est surtout l’aspect générateur d’économies d’énergie qui est apprécié à l’heure actuelle, notamment par ceux qui disposent d’un parc machines important. Destinée à réduire les frottements, une huile hydraulique peut en effet contribuer à baisser la consommation énergétique.

Dégraissants : au cœur du process

Si la période estivale, propice aux arrêts de production et donc au démontage des équipements pour leur entretien et leur éventuelle réparation, favorise la consommation de lubrifiants de maintenance, c’est également le cas pour les dégraissants et autres produits nettoyants industriels. Néanmoins, ces opérations annuelles ne peuvent esquiver le fait que comme les lubrifiants, les dégraissants sont utilisés de façon quasi-quotidienne dans les ateliers de production, d’où des ventes étales tout au long de l’année.

Les produits de dégraissage sont utilisés pour deux grands types d’application. La première concerne les opérations dans le domaine du nettoyage et de la maintenance, pour le dégraissage des outils de production, entièrement ou sur une partie comme les vitres des carters, les convoyeurs, etc., ou encore le nettoyage des sols des ateliers et des entrepôts de stockage.

L’autre grande catégorie d’application a trait aux opérations de nettoyage au cours du process de fabrication de pièces mécaniques. Les dégraissants permettent alors le nettoyage d’une pièce entre deux opérations successives, avant et après traitement thermique. Parfois, ils interviennent dès le début du process pour éliminer les protections anti-corrosion. Ce qui n’empêche pas le dégraissant d’être lui-même doté de caractéristiques anti-corrosion, appréciables lorsqu’il est appliqué sur une pièce qui est
stockée un temps plus ou moins long avant de subir un autre traitement.

Les dégraissants disposent de champs d’actions plus ou moins larges et leur choix exige la prise en compte d’un grand nombre de facteurs, à commencer par la compatibilité chimique avec les matériaux (pièces métalliques, alliages métaux, avec inserts d’autres matériaux comme des éléments en céramique, des composites...), parfois la nature du polluant, et les conditions d’utilisation. C’est le cas notamment lorsque les pièces sont nettoyées dans des machines à laver industrielles, sous différentes températures, etc.

Bases solvantées et lessivielles

D’un point de vue chimique, les dégraissants se distinguent en produits sur base solvantée ou sur base lessivielle (base aqueuse). Actuellement équitablement réparti entre les deux typologies, le marché semble se développer surtout sur les dégraissages en milieu lessiviel, les produits solvantés devant passer le crible des services Hygiène et Sécurité. Si le solvant présente notamment l’intérêt de sécher vite, de ne nécessiter aucun rinçage, ce qui n’est pas d’un moindre intérêt lors d’une interopération, cette capacité de séchage rapide signifie aussi un point éclair élevé avec les risques d’inflammabilité et un classement COV.
Au fil des ans, le dégraissage en milieu lessiviel s’est donc accentué, bénéficiant d’un impact risque plus faible, grâce notamment à l’absence de point éclair, mais aussi en termes de coûts, les solutions étant diluées lors de l’utilisation. Néanmoins, ce type de dégraissant suppose la mise en place d’une installation pour gérer les rejets. Selon sa concentration, un produit lessiviel n’a pas toujours besoin d’être rincé. En maintenance, lors d’un nettoyage manuel, le dégraissage est effectué à froid, ce qui exige un temps de séchage sans doute plus long qu’en milieu solvanté, mais lorsqu’il est réalisé en fontaine de dégraissage, sous des températures de l’ordre de 35 ou 40°, l’évaporation est évidemment facilitée. Pour les dégraissages en cours de process, ce sont souvent des produits faiblement alcalins, au PH entre 9 et 10, qui sont privilégiés. Les produits plus fortement alcalins sont utilisés pour les opération de nettoyage difficile mais sont aussi plus corrosifs.

Limiter l'impact environnemental

L’enjeu pour les fabricants est évidemment de développer des formules dont l’impact en termes d’Hygiène & Sécurité est le plus faible possible. Évidemment, Reach étant passé par là, les produits lessiviels, en base aqueuse, ont éliminé leurs substances les plus dangereuses. De leur côté, les produits solvantés contiennent de moins en moins de chlore, à moins d’être utilisés dans des installations fermées. Se développent également des solvants de classe A3, alternative aux anciennes formules de solvants chlorés, qui sont utilisés dans des machines hermétiques. Les produits écologiques se développent également sur ce segment de marché, notamment dans le cadre de fontaines de dégraissage qui, aujourd’hui, accordent une large part aux solutions lessivielles alors que traditionnellement, elles étaient solvantées. En milieu lessiviel, elles peuvent ainsi être associées à des micro-organismes qui viennent « biodégrader » les substances graisseuses à éliminer. Le bain de dégraissage va également durer plus longtemps, une demande globalement de plus en plus exigée de la part des entreprises, quel que soit le type de produit.

Certains dégraissants répondent également aux réglementations en vigueur concernant le nettoyage en milieu alimentaire, destinés notamment aux industries de l’emballage pour le secteur agro-alimentaire. Les produits ne sont toutefois pas autorisés au contact alimentaire et doivent subir un rinçage à l’eau claire.

Le poids du direct

Au-delà des performances du dégraissant, les industriels sont, comme en ce qui concerne les lubrifiants, en recherche de solutions optimisant leurs paramètres d’exploitation, prenant en compte leurs moyens de production et leurs contraintes d’utilisation. Et évidemment, aucun changement de lubrifiants ou de dégraissants n’est anodin. Un nouveau dégraissant suppose des tests, qui devront être validés par les services Hygiène et Sécurité, toutefois plus rapidement démontrables que les solutions de lubrification. Pour les fournisseurs de lubrifiants, tout l’enjeu est en effet de pouvoir s’introduire chez le client. Car un changement le lubrification suppose de tout nettoyer, le fluide précédant étant susceptible de gêner la pénétration de la nouvelle solution.

Consommables stratégiques pour les entreprises, les lubrifiants et dégraissants industriels ne transitent pas, dans leur ensemble, par la distribution de fournitures industrielles. Selon plusieurs intervenants, le poids des ventes effectuées en direct auprès des industriels serait de l’ordre de 75 à 85%. Pour des raisons de coûts et donc de marges, les entreprises exigeant des volumes importants de lubrifiants et dégraissants, livrés par fûts de 200 litres, des tonnelets de 60 litres voire même par containers de 1 000 litres, traitent souvent directement avec le fabricant, qu’il s’agisse d’un pétrolier, d’un industriel issu de la chimie ou de spécialistes du graissage industriel. A partir du moment où une huile est sélectionnée, il suffit de remplir le réservoir.

Si des exceptions peuvent évidemment déroger à cette règle, la distribution se concentre, naturellement, plus volontiers sur les conditionnements plus petits, comme les aérosols de 400, 500 ml, les bidons de 5 l, qui s’adressent à une clientèle plus diffuse, dont la consommation est moins régulière. Les dégraissants de maintenance sont, eux, plutôt conditionnés en aérosols pour les produits solvantés, en pulvérisateurs de 750 ml pour les produits lessiviels, en bidon de 5 l, ou en jerrican de 20 l.

Très marketé, l’aérosol est particulièrement prisé par la distribution, mais aussi par les utilisateurs qui en apprécient la facilité de mise en œuvre. Incontournable dans cette gamme, le lubrifiant dégrippant multifonctions, article à forte rotation, jouit d’un statut à part. Susceptible de répondre à un achat d’impulsion, il réagit fortement à des opérations promotionnelles et à des mises en avant dans le point de vente. Considéré souvent comme un produit d’appel, il est aussi considéré par les marques spécialisées dans la lubrification industrielle, comme un support pour véhiculer leur image. Ces dernières années, l’aérosol a évolué notamment au niveau de son diffuseur, offrant à la fois un jet large et précis.

Une vision technique indispensable

Au-delà des gros volumes, les produits très techniques, aux applications très ciblées, échappent souvent à la distribution, plus à l’aise avec les produits plus basiques, au spectre large, présentant aussi moins de risques. « La fourniture industrielle n’est pas toujours préparée à la vente de produits chimiques, qui exigent des contraintes de stockage bien précises, des connaissances en termes de précautions d’emploi, la nécessité de gérer les informations contenues dans les fiches de sécurité... » explique Stéphane Bouilloux-Lafont (responsable Division Industrie) de Fuchs Lubrifiant France, filiale du premier producteur mondial indépendant de lubrifiants. Et le fait que le distributeur s’adresse à une cible d’utilisateurs, dont la formation relève plus de la mécanique que de la chimie, n’est pas pour lui faciliter la tâche. « L’utilisateur a souvent recours à des tests avant d’appliquer le produit à grande échelle pour s’assurer qu’il convient à ses attentes sans dégrader son outil de production. Les erreurs peuvent avoir des conséquences financières ou environnementales importantes. Les distributeurs ne sont pas toujours à l’aise avec ces sujets. » A l’instar de Fuchs, les marques spécialisées dans cet univers approchent donc les distributeurs par des produits polyvalents, plus accessibles. Et, dès que l’utilisateur ou l’entreprise sont confrontés à une problématique particulière, elles veillent à leur apporter un support technique, via leurs équipes de techniciens, sur le terrain ou en hotlines. Les produits techniques ne se vendent en effet pas sur catalogue, mais reposent sur une préconisation experte qui va savoir prendre en compte tous les paramètres de l’entreprise, comprendre sa problématique et convaincre le client des avantages de la solution proposée, bien que son coût semble au départ plus élevé. 
Agnès Richard


CRC Industries
Dégraissant à séchage rapide


Puissant, le dégraissant à séchage rapide de CRC Industries est exempt de 1.1.1 trichloréthane ou d’autres solvants chlorés.
Il pénètre et dissout rapidement ou entraîne les saletés, poussières et agents contaminants, libérant les mécanismes des machines et des équipements. Son évaporation est rapide pour minimaliser les pertes de temps et il ne laisse aucun résidu.
Stable, non-tachant et non-corrosif, ce dégraissant est compatible avec la plupart des matières plastiques, revêtements, élastomères et caoutchoucs.
L’aérosol est équipé d’une valve spéciale permettant une vaporisation dans toutes les directions, même tête en bas. Il dispose également d’un diffuseur avec tube-rallonge pour avoir accès aux endroits difficiles. Le propulseur de l’aérosol est du gaz carbonique ininflammable permettant un pourcentage de produit actif de 95%.

WD40
Dégraissant à efficacité immédiate


Avec sa formule à base de solvants, le Dégraissant à efficacité immédiate WD-40 Specialist® dissout rapidement les graisses, huiles et salissures diverses sans laisser de résidu. Il agit dès la pulvérisation et sèche rapidement pour rendre le matériel de nouveau propre et net. Il s’utilise sur des surfaces variées, comprenant l’ensemble des métaux, plastiques, et revêtements de sols non poreux. Il est recommandé pour des pièces de moteur, jantes, outils, plans de travail métalliques, équipements de manutention, compresseurs, chaînes, presses, pompes, engrenages, machines outils, axes, etc.

Ampère
Multi 500®

Le lubrifiant-dégrippant sec multi-fonctions Multi 500® d’Ampère convient sur tous les métaux. Il dégrippe, débloque, desserre facilement les vis, écrous, boulons, nettoie, pénètre, et lubrifie les serrures, charnières, chaînes et ressorts... Il protège également de l’humidité en laissant un film antirouille pour une protection continue (action durable et préventive).
Agissant rapidement, il dispose d’un pouvoir solvant et détergent élevé. Il laisse un film sec protecteur à base de MoS2 qui facilitera le démontage ultérieur. Équipé d’un système de diffusion professionnel, cet aérosol de 650 ml offre deux positions, une diffusion large et une diffusion précise.


Aexalt
Cetexalt


Cetexalt, le nettoyant dégraissant industriel polyvalent en solution aqueuse à haut pouvoir émulsifiant de Pluho Aexalt permet de tout nettoyer et dégraisser. Composé d’une solution riche en produits actifs naturels et synthétiques non polluants, il est rapide et efficace, tout en ne polluant pas le milieu naturel et en ne laissant aucun film gras.
Il contient un inhibiteur de corrosion et est ininflammable, biodégradable, sans solvants chlorés, sans hydrocarbure, sans ammoniaque, sans butyl glycol.

Sodise
Dégrippant-lubrifiant Sodi-Tech

Le dégrippant-lubrifiant Sodi-Tech, proposé par Sodise, convient pour toutes les pièces mécaniques et ensembles grippés. Ce produit liquide à fort pouvoir mouillant s’insinue facilement entre les parties grippées en vue de faciliter leur desserrage ultérieur. Ses propriétés lubrifiantes permettent d’éliminer les bruits, de chasser l’humidité et d’assurer une protection antirouille sur les surfaces métalliques. Il est formulé à partir de matières premières raffinées, sans solvants chlorés, sans solvants nocifs pour l’homme et l’environnement.
Il convient donc pour la lubrification des serrures et autres charnières ou ressorts, le dégrippage des joints filetés, des brides bloquées, des écrous rouillés ou corrodés et la protection des surfaces métalliques (bâtis de machines, chrome), des mécanismes exposés aux intempéries, des glissières, des machines à bois. Il est conditionné en aérosol de 500 ml.

Molydal
Dégraissant KL9H


Le KL 9 H de Molydal est un dégraissant en phase aqueuse écoresponsable. Sans C.O.V., il est conforme à l’avis de l’ANSES relatif à la révision des lignes directrices pour l’évaluation des risques pour l’homme des constituants des produits de nettoyage des matériaux et objets destinés au contact avec des denrées alimentaires. Liquide, incolore, quasiment inodore, il dispose d’une densité NFT 30-020 : 1.01, d’un pH : 9.2 – 10.9 et peut s’utiliser de 0 à 100°C. Convenant pour le nettoyage des rouleaux, des rondelles de pièces comme pour les sols, il permet de réduire les coûts, grâce à une consommation moins importante et un meilleur prix, ses propriétés évitant le recours à plusieurs types de produits.

Rust-Oleum®
Aérosols X1 eXcellent

Rust-Oleum® étoffe sa gamme avec une nouvelle ligne de produits, les aérosols techniques Rust-Oleum® X1 eXcellent, se déclinant en une offre complète de lubrifiants, multi-fonctions, dégrippants, anti-grippants et produits de nettoyage. Conçus à partir d’une huile synthétique de qualité supérieure, ils sont en outre renforcés par la technologie céramique unique baptisée BoroTecX™, un mélange d’additifs spéciaux réduisant la friction sous des pressions extrêmes et à des températures élevées.
Ils sont certifiés H1 par l’institut d’homologation InS et sont donc certifiés pour un contact alimentaire fortuit dans des environnements de transformation des aliments, sans perte de qualité et sans supplément de prix pour l’utilisateur final. Pour une utilisation optimale, ils offrent, de série, trois modes de pulvérisation fonctionnant sous n’importe quel angle : une pulvérisation large, une pulvérisation ciblée et une rallonge permettant de lubrifier les endroits difficiles d’accès.

Fuchs
Aérosol Twinspray 4 Fonctions


Compose d’un mélange de solvants hydrocarbonés, d’huiles minérales ainsi que d’additifs anticorrosion et hydrofuge, le lubrifiant multi-usages de Fuchs affiche quatre fonctions.
Il lubrifie les pièces en contact grâce à un bon pouvoir pénétrant, dégrippe les machines et matériels mécaniques les plus divers (boulons charnières, serrures, glissières, tuyauteries...), protège et chasse l’humidité. Il est applicable sur les circuits électriques, les bobinages de moteurs, les contacts, les interrupteurs (hors tension ). Il est proposé en aérosol de 500 ml, avec double pulvérisation possible sans montage d’accessoire et résistant en cas de chute du produit.

ITW Spraytec
Nettoyant-dégraissant Zerotriclo+ Jelt


ITW Spraytec propose sous sa marque Jelt le nettoyant-dégraissant hautes performances à séchage rapide Zerotriclo+. Constitué de solvants de remplacement du trichloroéthane et autres solvants dangereux utilisés dans les opérations de nettoyage, il est rapide d’emploi, nettoie et rince en une seule opération. L’effet de pénétration rapide du produit élimine instantanément huiles, graisses, cires, saletés, humidité, goudrons, adhésifs, dépôts et autres contaminants sans laisser de résidus et sans rinçage. Muni d’une gâchette ergonomique (avec tube-rallonge directionnel) et utilisable en toutes positions (tête en bas), il agit efficacement jusque dans les endroits les plus difficiles à atteindre, permettant de nettoyer pièces et matériels, sans démontage préalable. Il convient pour l’élimination des fluides de machines et des huiles industrielles, Propulsé au CO2 (ininflammable), il offre un pourcentage de produit actif supérieur. Son séchage rapide permet une réduction sensible des temps d’arrêt de production.

Lubrication Engineers 
Pyroshield® Syn


Lubrication Engineers (LE) propose Pyroshield® Syn, un lubrifiant synthétique conçu spécialement pour une utilisation dans des conditions opérationnelles sévères telles que les engrenages ouverts et exposés dans les industries minières, du ciment, les carrières, etc. S’appuyant sur une viscosité inaltérable, un savon de base 100% synthétique, un épaississant empêchant l’écoulement sous l’effet de la chaleur (pas de fonte de la graisse, pas de point de goutte) et grâce à une synergie d’additifs exclusifs à LE tels que l’agent anti-usure Almasol®, combiné à des additifs extrême pression résistant à la chaleur, ce lubrifiant est effectivement en mesure d’offrir une protection optimale contre l’usure et de résister à de fortes charges. Il résiste également à des températures de contacts très élevées pouvant atteindre 330°C.

Euracier-Air Industry
Graisse lithium 2315


Air Industry propose la graisse lithium 2315, composée d’un désépaississant organique et d’un agent extrême pression améliorant sa capacité à supporter des pressions élevées et d’un agent antioxydant permettant d’obtenir une protection efficace au vieillissement, prolongeant ainsi sa durée d’emploi. Elle contient également un agent d’adhérence, pour une meilleure adhésion aux métaux traités.
Cette graisse, compatible avec les joints en caoutchouc, nylon, téflon, silicone et néoprène, permet une utilisation en continu de -10°C à + 150°C et 170 °C en intermittence. Insensible aux détergents et résistant aux solutions acides et alcalines, elle est recommandée pour des utilisations dans des atmosphères humides ou avec projections d’eau telles que les cardans, galets, câbles, roulements, paliers, charnières, serrures, glissières et autres convoyeurs.

Tec Industries
iBiotec Impact


Tec Industries Service propose l’aérosol iBiotec Impact, un solvant dégraissant végétal à haut pouvoir solvant (Indice Kauri Butanol 180). D’une grande mouillabilité, affichant des paramètres de solubilité et de forces de cohésion extrêmes, il assure la dissolution et l’élimination de la plupart des polluants organiques et inorganiques, y compris les encres et les résines fraîches. Il est également fortement lubrifiant et anti-usure (test de friction SRV 0,12), très pénétrant (tension superficielle faible 23,4 Dynes/cm), désoxydant (test MIL A 907 ED couple de desserrage 12 Nm) et dégoudronnant instantané (test de débituminage 40g à 20°C 3’15).

Lenox
Fluide de sciage Band-Ade™


Formulé par Lenox®, le fluide de sciage soluble Band-Ade™ permet l’amélioration des performances et la réduction de l’usure des pièces de la machine, ainsi que l’optimisation de la durée de vie de la lame. Doté de propriétés pression extrême, anti-corrosion, anti-rouille, anti-mousse, antifongicide, anti-bactérien, il ne contient ni chlore, ni soufre, ni silicone, ni lubrifiants issus du pétrole, ni sulfonate. Il s’utilise sur tous les métaux, sauf le magnésium. Son séchage s’effectue sans trace, ni résidu. Les surfaces sont ainsi prêtes pour être directement peintes ou soudées.

Erko
Fluide de sciage Solukut


Erko propose le fluide de sciage soluble Solukut, une micro-émulsion conforme à la législation Reach, pour l’usinage de tous les types de métaux. Très stable, il permet de réduire la consommation de lubrifiant. Concentré de 5 à 7%, il convient pour des applications d’usinage général et la rectification des fontes, aciers et métaux non ferreux (cuivreux et aluminium). Une concentration de 7 à 10% le destine plus particulièrement à des opérations de taraudage, filetage, alésage.




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