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Protection antichute : Les harnaisBBI N° 140 - Dec. 16
Plus de technicité pour plus de confort

Le marché de l’antichute individuel évolue de manière sensible vers une technicité et une adaptation aux métiers accrues et les solutions développées par les fabricants pour répondre aux attentes des professionnels concernant le travail en hauteur permettent de faire rimer de plus en plus souvent sécurité maximum avec totale liberté de mouvements et plus grand confort de travail. Du côté du volume des ventes de harnais antichute, globalement stable depuis plusieurs années, il pourrait bien marquer une légère progression dans un futur proche, la construction reprenant des couleurs.

En guise d’introduction à ce dossier dédié aux harnais antichute, nous consacrerons quelques lignes à faire un bref rappel du cadre légal régissant l’utilisation des systèmes de protection individuelle contre les chutes de hauteur, dont les harnais antichute, des EPI de classe 3 protégeant des risques mortels, sont une composante. En vertu de la directive européenne 89/656 relative à l’utilisation des EPI et du décret n°2004-924 du 1er septembre 2004 sur l’utilisation des équipements de travail pour des travaux temporaires en hauteur, sans limite inférieure de hauteur, la fourniture gratuite aux salariés de systèmes antichute est une obligation légale pour l’employeur qui doit aussi faire en sorte que ses salariés reçoivent une formation spécifique aux travaux en hauteur envisagés et aux procédures de sauvetage. Il est également obligatoire, lorsqu’il est fait usage d’un équipement de protection individuelle contre les chutes de hauteur, qu’un travailleur ne soit jamais seul afin de pouvoir être secouru dans un temps compatible avec la préservation de sa santé.

Autre obligation légale, les systèmes de protection individuelle contre les chutes de hauteur doivent faire l’objet de vérifications générales périodiques (au moins une fois par an) par des personnes qualifiées, le résultat de ces vérifications devant être consigné sur le registre de sécurité ouvert par le chef d’établissement (nous préciserons que ce type de vérification ne dispense pas l’utilisateur d’un EPI contre les chutes de hauteur d’exercer lui-même un contrôle avant et après toute utilisation).

On terminera ce volet Réglementations qu’il nous a semblé important d’évoquer en préambule étant donné les conséquences humaines dramatiques, mais aussi économiques, que peuvent avoir les chutes de hauteur, en rappelant que l’utilisation des EPI contre les chutes de hauteur doit intervenir uniquement dans le cas où un système de protection collective n’existe pas sur le lieu de l’intervention ou ne peut y être installé de manière temporaire.

Comme mentionné quelques lignes plus haut, le système de préhension du corps qu’est le harnais antichute est la composante d’un système antichute complet qui en comprend au minimum deux autres, le point d’ancrage (permanent ou provisoire) et le système de liaison (longe avec absorbeur d’énergie) reliant le harnais au point d’ancrage, ce dernier étant essentiellement caractérisé par sa résistance et par celle du support auquel il est rattaché. Ces trois éléments doivent être certifiés selon les normes européennes en vigueur et compatibles entre eux. Les points d’ancrage et systèmes de liaison feront l’objet d’un article ultérieur dans les colonnes de BBI, les trois catégories de produits représentant un sujet d’étude trop vaste pour être couvert par un article unique de la revue.

Retenir la chute


Répondant aux exigences de la norme EN 361 au minimum, le harnais antichute est un ensemble de sangles (le plus souvent en polyester) conçu pour que le harnais puisse être ajusté sur le corps de l’utilisateur de manière à maintenir celui-ci durant une chute et à répartir au mieux les efforts créés par l’arrêt de la chute afin d’éviter tout dommage corporel. Composé d’une partie haute (les bretelles) et d’une partie basse (les sangles cuissardes) reliées entre elles, ce dispositif de préhension du corps comprend dans sa version la plus simple des sangles enserrant le torse (bretelles) et les cuisses (cuissardes) ajustables par boucles, un point d’attache antichute dorsal (d’une résistance statique supérieure à 15kN pendant au moins 3 min.) qui sera relié au système de connexion et une sangle de poitrine transversale (bavaroise) écartant tout risque que l’utilisateur sorte du harnais. Concernant l’attache (le terme d’ancrage est souvent utilisé) antichute, on notera qu’elle est toujours positionnée sur la partie supérieure du torse pour qu’en cas de chute, il soit impossible au corps de faire un angle de plus de 50° par rapport à la verticalité du plan. Tout type de harnais, baudriers ou autres ceintures travail ne répondant pas ces caractéristiques fondamentales inscrites dans la norme EN 361 ne peut pas entrer dans la composition d’un système antichute.

Un ou deux points d’ancrage antichute


Les harnais répondant aux seules exigences de cette seule norme sont des dispositifs d’une conception relativement simple auxquels les professionnels qui ne sont pas des spécialistes du travail en hauteur peuvent avoir recours pour des utilisations occasionnelles (montée le long d’un échaudage, travail sur un toit, opération ponctuelle de maintenance industrielle …). Ces harnais ont pour vocation unique d’assurer l’arrêt d’une chute dans de bonnes conditions mais cela ne signifie pas qu’il s’agisse dans tous les cas de produits d’entrée de gamme. La sophistication plus ou moins importante sur différents aspects (confort d’utilisation, facilité d’enfilage, adaptations à certaines conditions de travail...) concerne en effet la totalité de la famille des harnais antichute, que leur fonction soit limitée à retenir une chute ou soit plus large. Avant d’évoquer les caractéristiques des deux autres catégories majeures de harnais antichute, on précisera que cette famille est segmentée en harnais à point d’ancrage antichute unique (dorsal comme nous l’avons déjà mentionné) et en harnais à deux points d’ancrage antichute, dorsal et sternal. D’autres points d’attache peuvent exister sur un harnais antichute mais sans avoir la fonction de stopper une chute. De manière générale, l’attache antichute sternale convient à une connexion avec un coulisseau mobile pour une progression horizontale du corps, l’attache dorsale étant mieux adaptée à une connexion avec une longe ou un enrouleur pour une progression verticale, le long d’une échelle par exemple. 

Maintien au travail et accès sur corde


Outre la fonction d’arrêt des chutes, le harnais peut aussi contribuer à faciliter le travail de l’utilisateur en lui permettant d’être maintenu à son poste de travail, ce qui est appréciable lorsqu’il faut intervenir, par exemple, en haut d’un poteau électrique. Pour avoir cette capacité, le harnais doit être équipé d’une ceinture munie de deux anneaux latéraux permettant de faire coulisser une longe de maintien au travail (à ne pas confondre avec des attaches antichute). Ces harnais qui doivent répondre aux exigences cumulées de l’EN 361 et de la norme EN 358 applicable aux systèmes de maintien au travail, offrent une polyvalence qui les rend adaptés à diverses situations de travail (montage d’une charpente métallique, maintenance des éoliennes ou d’une ligne électrique…) en offrant à l’utilisateur un confort optimal, notamment en position fléchie. En revanche, si la nature de l’intervention ne nécessite pas le maintien au travail de l’opérateur, l’utilisation d’un tel harnais n’est plus justifié et peut même être contre-productive en générant une gêne qui n’existerait pas avec un harnais antichute ‘‘simple’’, tels que ceux évoqués dans le chapitre précédant.

Autre cas de figure important du travail en hauteur, le travail en suspension nécessitant un accès sur corde. L’opérateur doit alors pouvoir travailler les deux pieds dans le vide, en ayant bien sûr les mains libres. Une situation proche de celle que les pratiquants de certains sports (spéléologie, varappe…) connaissent et qui nécessite de disposer, outre d’un descendeur et d’un coulisseau antichute, d’un harnais équipé d’une ceinture de maintien au travail munie d’un point d’accroche ventral, ce qui nécessite un dispositif de préhension du corps satisfaisant aux exigences des normes EN 361, EN 358 et EN 813, cette dernière norme étant relative au déplacement sur corde. Ces harnais munis de cinq points d’accroche (deux antichute, deux pour le maintien au travail et un pour l’accès sur corde) et témoignant d’une technicité et d’un niveau d’ergonomie élevés sont utilisés par des spécialistes des travaux acrobatiques et de sauvetage et d’évacuation en espace confiné.

Facilité d’enfilage et de réglage

Les caractéristiques et le niveau de sophistication attendus d’un harnais antichute sont très largement conditionnées par les utilisations qui en seront faites. Toutefois, certaines attentes sont partagées par l’ensemble des utilisateurs d’un tel dispositif à commencer par sa facilité d’enfilage. Pour éviter de perdre du temps au démêlage des sangles, les fabricants ont développé diverses solutions à commencer par l’attribution de couleurs différentes, aux bretelles et aux cuissardes, et parfois à l’une et l’autre face des sangles. Un système plus élaboré auquel ont recours certains fabricants consiste à fixer au dos du harnais une structure souple et légère (souvent désignée par les marques sous les termes de boléro ou filet) qui confère une forme au harnais dès qu’on le sort de son sac et permet de l’enfiler de manière intuitive.

En matière de facilité d’enfilage, le nec plus ultra est sans doute le combiné harnais-gilet puisqu’il suffit d’enfiler le gilet et de régler les cuissardes, sans même avoir à lever les pieds ! Différentes versions de ces produits appréciés de certains utilisateurs qui n’ont ainsi aucune question à se poser pour enfiler leur harnais existent (gilets haute visibilité, gilet flottable…) mais il faut relever que ces produits ne répondent pas aux besoins des spécialistes du travail en hauteur.

L’attente des utilisateurs en solutions pratiques et génératrices de gain de temps porte aussi sur les systèmes de fermeture des boucles permettant le réglage du harnais et là aussi, les réponses des fabricants sont diverses. Il existe ainsi des boucles à ardillons ou équipées d’une came de serrage réglables avec une seule main. Les boucles à fermeture automatique permettant aux sangles de conserver leur réglage une fois le harnais ôté permettront de gagner du temps à chaque enfilage du harnais. Toujours dans un souci de gain de temps, certains privilégieront pour l’attache sternale un anneau à un système de ganses textile. 

Oublier le port du harnais


Une fois le harnais enfilé, l’attente de l’utilisateur porte en priorité sur le confort, étant entendu que l’aspect sécuritaire du produit est assuré par les normes. Sur ce dernier point, on précisera que les harnais antichute sont testés chez certains fabricants avec une masse bien supérieure à celle indiquée par la norme et qui atteint parfois 150 kg (utilisateur avec son équipement et son outillage). En matière de confort, le harnais idéal est celui qui sait se faire oublier jusqu’à ce qu’il soit ôté. Ce paramètre, le meilleur garant du port de tout équipement de protection individuelle, revêt une importance peut-être plus grande encore pour un dispositif qui doit préserver à celui qui le porte une totale liberté de mouvements sans provoquer une quelconque gêne de nature à le déconcentrer et à le ralentir dans l’exécution de son travail.

Sur ce point, avant même certaines caractéristiques des composants du harnais, le plus important tient en premier lieu à l’architecture même du harnais qui, si elle est bien conçue, permettra notamment d’éviter les frottements. Ainsi, certains fabricants dont vous retrouverez les modèles de harnais émaillant ce dossier, ont choisi une forme de bretelles en X qui dégage la nuque et le cou pour éviter cet inconvénient. Du côté des bretelles toujours, on peut aussi mentionner sur des modèles destinés aux femmes des formes spécialement dessinées pour éviter la poitrine. Les sangles restant bien droites autour de la cuisse plutôt que de remonter le long de l’aine, participent elles aussi à augmenter le confort d’un harnais antichute. Bien sûr, tout ce qui permet d’accompagner le mouvement au lieu de l’entraver joue aussi un rôle majeur dans ce sens.

Un EPI confortable… même après la ch
ute 

C’est pourquoi les bretelles peuvent inclure une partie élastiquée aux épaules. Certains modèles récents de harnais antichute sont même équipés de sangles à mémoire de forme. Le doublage des bretelles, de la ceinture et des cuissards d’une mousse améliore le confort, par exemple (pour les bretelles) en évitant les coups d’enrouleur dans le dos, et en participant à mieux répartir la pression des sangles, notamment celles des cuissardes lors du travail en suspension.

Pour favoriser les déplacements latéraux, certains harnais sont équipés d’une ceinture de maintien au travail pivotante à l’intérieur de son dosseret jusqu’à 180°. Cette innovation développée il y a maintenant quelques années par Honeywell, le leader du marché en France pour équiper certains de ses modèles haut de gamme a été suivie d’un modèle de ceinture coulissant également en hauteur pour mieux s’adapter à tous types de morphologies. Enfiler, régler et travailler confortablement avec un harnais tient aussi à des améliorations apportées au produit souvent moins spectaculaires mais qui n’en sont pas moins efficaces. Il peut s’agir d’un passage de sangle sur les côtés qui ne fera pas remonter le vêtement sous le harnais au moindre geste, d’un positionnement des boucles de réglage des bretelles à une hauteur où on pourra le voir et les atteindre sans se contorsionner, d’une liaison assurée entre les parties haute et partie d’un cuissard complet par un passant offrant une plus grande liberté de mouvement qu’une couture, etc.

Qui dit confort dit bien souvent allégement du poids. Sur un harnais, la réduction du poids tient notamment à la matière de la bouclerie, c’est pourquoi les boucles sont parfois en aluminium. Il existe également des traitements cumulant protection contre la poussière et l’abrasion et action déperlante qui empêchent l’alourdissement des sangles par la pluie. Sur ce point, il faut une fois encore souligner le rôle essentiel du design permettant une bonne répartition du poids du harnais (selon plusieurs acteurs du marché, elle consisterait à placer la majeure du poids aux hanches), difficile à obtenir si le harnais est trop léger et qui provoque une impression de légèreté qui l’emporte sur le poids même du produit.
Le confort recherché durant l’intervention en hauteur devra même se poursuivre après l’arrêt de la chute, mais on est là presque plus dans le domaine de la sécurité. Ainsi, pour éviter la compression des artères fémorales, il existe des boucles à l’effet anti-garrot ou encore un système de boîtier situé au croisement des sangles se déployant sous les pieds en cas de chute pour former une sorte d’étrier de secours.

L’essor des harnais métiers

Outre l’ergonomie et la légèreté d’un harnais, son adaptation au métier de l’utilisateur est un autre critère important de sa performance et la présence de produits spécifiques à des applications et des environnements de travail est de plus en plus perceptible sur le marché. Du côté des sangles, il existe des versions  Atex, avec des fibres carbone, pour travailler dans un environnement explosible ; des sangles en Kevlar® pour l’exposition aux flammes ; des sangles traitées anti-corrosion équipées de boucles en inox pour le offshore… Des accessoires spécifiques peuvent aussi rendre le harnais mieux adapté à l’application à laquelle il sera utilisé comme, pour citer un exemple dans un métier en développement, une protection dorsale destinée à protéger l’utilisateur descendant le long du mât d’une éolienne. Pour accroître la fonctionnalité du harnais, celui-ci peut encore s’équiper via des systèmes d’attaches d’accessoires divers de type contenants qui renforcent son adaptation à un métier mais il faut souligner le fait que, au-delà des caractéristiques du harnais, cette adaptation relève de la solution antichute dans son ensemble, les connecteurs et système de liaison au point d’ancrage ayant en l’occurrence une grande importance.

Pour faciliter le choix de la solution à des professionnels qui ne sont pas obligatoirement des spécialistes du travail en hauteur, les harnais métiers peuvent être proposés en kits (toiture, échaudage, nacelle…) incluant l’ensemble de la solution dans un sac. Ces kits souvent vendus en boîtes en carton existent sur les différents niveaux de la gamme et possèdent des conditionnements généralement très informatifs, voire avec des QR Codes livrant accès à des sources d’informations supplémentaires sur le produit. Comme le pointent plusieurs fournisseurs, de tels kits constituent une forme d’accompagnement des fournisseurs envers les revendeurs de leurs produits pratiquant la vente en libre-service.

De bonnes perspectives

L’ensemble de ses acteurs s’accordent à caractériser le marché français des harnais antichute par une stabilité du volume des ventes mais une valeur très certainement en hausse (malheureusement, nous n’avons pu obtenir aucun chiffre corroborant cette affirmation). Selon plusieurs estimations se recoupant, le marché de la protection antichute individuelle globale serait de 40 à 50 Me dont 10 à 15 Me seraient générés par les ventes de harnais. Selon de nombreux fabricants, la notion de valeur d’usage du harnais commence à faire son chemin dans la tête des utilisateurs, et pas uniquement des professionnels du travail en hauteur, ce qui conduit de très nombreux opérateurs à s’équiper d’un harnais plus technique au moment du renouvellement. Interrogés sur l’évolution probable du marché à court terme, les fabricants évoquent une technicité encore accrue des équipements et la pénétration du marché par les harnais connectés, l’intégration d’une puce électronique au harnais répondant notamment à l’attente des utilisateurs dans le domaine de la gestion du parc des équipements antichute, une problématique à laquelle répond aujourd’hui également le développement de logiciels spécifiques.

Au-delà des « plus » touchant les produits eux-mêmes, la notion de services associés est citée comme l’une des principales manières de se développer sur le marché de l’antichute. D’ores et déjà, la reconnaissance de l’expertise d’une marque passe largement par sa capacité à développer à l’intention de son réseau de distribution une proposition complète incluant notamment la formation aux produits et à leur vérification, dont nous rappelons qu’elle est obligatoire, et qui s’étend bien au-delà de la seule offre de produits. 
Dominique Totin

Quatuor franco-américain

Dans le domaine de la protection de l’individu au travail, les chaussures et la protection antichute individuelle sont deux familles dans lesquelles les industriels français ont souvent été à la pointe de l’innovation et ont largement participé à faire entrer dans les mœurs le port de ces protections. Dans l’univers traité dans ce dossier, même si certaines marques françaises, et pas des moindres, ont rejoint des groupes américains majeurs (on pense particulièrement à Antec et Miller aujourd’hui membres de Honeywell Safety Products), les industriels français continuant à produire tout ou partie de leurs gammes dans l’Hexagone figurent toujours parmi les leaders du marché des EPI, comme le prouvent avec brio Tractel et Petzl qui se placent parmi les quatre premiers acteurs du marché français et sans doute mondial. Le groupe Tractel développe une double spécialisation levage/manutention et protection antichute, vers laquelle il s’est tourné il y a une vingtaine d’années, et produit ses harnais souvent destinés à la maintenance industrielle dans ses usines auboises. Issue du domaine des loisirs (spéléologie et escalade), Petzl s’est tourné vers le monde du travail il y a également une vingtaine d’années, un secteur pour lequel il développe une gamme complète de harnais dont une offre très spécialisée dans l’accès sur corde, complétée par des casques et des lampes et fabriquée dans son usine iséroise et dans d’autres unités européennes. Tous deux se classent donc juste derrière deux groupes américains multispécialistes de la protection individuelle, Honeywell Safety Products qui domine le marché français, un pays où il exploite une unité de production (Vierzon), avec le challenger du marché Capital Safety. Ce dernier est intégré à 3M depuis l’été dernier, le groupe américain ayant jusqu’alors conservé les deux marques Protecta (d’origine française et pour cette raison, surtout implantée sur le marché français) et DBI Sala, souvent citée comme étant la marque générant le plus important volume de ventes de harnais antichute au monde. Commercialisant donc depuis quelques mois seulement la gamme qui était celle de Capital Safety, 3M annonce le lancement prochain de nouveaux modèles développés depuis l’intégration de l’entreprise à l’expertise mondialement reconnue en harnais antichute. D’autres fabricants français parmi lesquels  Frenehard & Michaux dont l’offre en matière de protection antichute s’affirme sur le marché, notamment depuis sa reprise d’Unyc il y a six ans, PMS Industrie ou encore Béal Pro, le premier producteur de cordes de montagne et de sécurité qui s’est tourné vers l’EPI depuis 3 ans seulement se partagent, avec de nombreux autres acteurs dont des importateurs et/ou distributeurs, les parts d’un marché français atomisé où les Italiens et notamment Camp Safety, un spécialiste lui aussi issu du monde des loisirs, sont également présents.