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Protection de la tête : les casques de sécuritéBati N° 15 - Sept. 11
Les casques de sécurité

Sur le marché français de la protection de la tête, qui s’élève à 22,2 millions d’euros (source Synamap 2009), les casques de chantier représentent environ un tiers des ventes soit 6,7 millions d’euros. En volume, près de 1,5 millions d’unités sont vendues annuellement, un chiffre qui est en augmentation ces dernières années. En effet, du fait d’une prise de conscience progressive des employeurs et de leurs employés de la nécessité de se protéger, le taux de port de casques de chantier progresse favorablement. Bien que les distributeurs considèrent encore ces produits comme des consommables peu techniques, les fabricants proposent aujourd’hui une offre complète qui comprend aussi bien des casques d’entrée de gamme que des références à forte valeur ajoutée.

Pour ce panorama, nous vous proposons de passer en revue différents modèles présents sur le marché du bâtiment, sachant qu’une grande partie de ces casques peuvent également être utilisés en industrie même s’il peut y avoir quelques exclusions (des casques haute température dans l’industrie, plus communément des casques contre les arcs électriques dans le bâtiment…).

Le poids et le confort du port

La majorité des casques, environ 80%, sont fabriqués en polyéthylène haute-densité, un plastique qui affiche une bonne résistance aux chocs et un prix attractif. Depuis quelques années, les industriels proposent des versions en ABS, un plastique nouvelle génération qui présente une plus grande absorption des chocs pour un poids considérablement réduit, 300 grammes environ contre 350 à 400 grammes pour un modèle en polyéthylène. Ce facteur poids est d’ailleurs aujourd’hui le principal critère d’achat pour les professionnels. Les fabricants ont ainsi travaillé sur l’ergonomie des casques pour qu’il y ait une meilleure répartition des masses sur la tête, le poids devant être dans l’axe longitudinal du corps pour éviter les douleurs.

Outre le poids, les professionnels accordent de plus en plus d’importance au critère de confort. Les coiffes en polyéthylène, qui malgré une certaine souplesse épousent difficilement la boîte crânienne, sont ainsi remplacées sur les versions moyen et haut de gamme par des coiffes textiles. Constituées de bandes de tissu souples, elles s’adaptent à toutes les têtes, évitant ainsi une sensation de lourdeur, et ne conduisent ni la chaleur ni le froid.

Concernant les serre-nuques, les casques d’entrée de gamme sont équipés de bandes striées (ou crantées) qui ont tendance à glisser sur les cheveux et donc à n’avoir qu’une relative stabilité sur la tête. Pour contrer ce phénomène, les fabricants commercialisent de plus en plus des modèles avec bandes réglables à crémaillère qui sont recouvertes d’une bande en mousse, évitant ainsi tout glissement du casque tout en protégeant l’utilisateur du frottement du mécanisme sur la nuque.

Contrairement à d’autres pays, les Etats-Unis par exemple, le design des casques demeure encore en France un critère de choix secondaire. Toutefois, à l’instar de ce qui s’opère sur les chaussures de protection, de plus en plus de fabricants tentent de soigner le dessin de leurs modèles pour inciter les professionnels à un port plus régulier.

Une norme principale

D’un point de vue normatif, les casques n’ont pas une durée de vie à proprement parlé. En effet, la norme EN 397 relative à tous les casques indique l’obligation par le fabricant de préciser la période d’obsolescence du casque, c’est-à-dire sa durée de vie technologique. Cette durée de préconisation, qui peut atteindre cinq ans, doit être clairement identifiable sur la fiche informative du produit.

A noter que si les casques sont régis par la norme EN 397 propre aux casques de chantier, ils peuvent également répondre à d’autres exigences comme les normes EN 14052 (casque de protection haute performance en milieu industriel), EN 50365 (isolé électriquement jusqu’à 1 000 volts – casques non ventilés) ou EN 13463 (utilisable en milieu Atex). D’une façon générale, la norme EN 397 est suffisante et nécessaire mais le respect de la norme EN 14052, édictée en 2005, peut être imposé sur certains chantiers, comme la démolition, voire par certaines sociétés du BTP.
Nicolas Desbordes


Casques/casquettes : deux poids, deux mesures

Contrairement aux casques qui protègent l’utilisateur d’un projectile en mouvement, les casquettes sont préconisées pour protéger un individu qui va au contact d’un choc fixe. Souvent, utilisées dans le second-œuvre par les artisans qui travaillent dans des endroits exigus, les casquettes n’ont surtout pas vocation à remplacer le casque de chantier. Elles sont en effet anti-heurt, anti-scalp, anti-écorchure mais en aucun cas anti-choc.

Les tests obligatoires réalisés avant la commercialisation du produit sont donc différents et, par rapport aux données visibles dans l’encadré traitant des normes EN 397 et EN 14052 relatives aux casques de protection, les valeurs demandées par la norme EN 812 régissant les casquettes anti-heurt sont sans comparaison. En effet, une casquette ne doit protéger que d’un impact dû à un outil plat de 5 kg tombant de 25 cm et d’une pénétration provenant d’un outil pointu de 500 g. tombant d’une hauteur de 50 cm.